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Devenir conférencier : commencez par exprimer haut et fort qui vous êtes

Devenir conférencier est un choix de carrière passionnant, mais qui peut être difficile si vous ne savez pas par où commencer. Il est important de comprendre que pour réussir en tant que conférencier, il est essentiel de développer votre marque personnelle, votre stratégie marketing et votre présence digitale. Dans cet article, nous allons explorer les différentes étapes à suivre pour devenir un conférencier à succès.

1. Développez votre marque personnelle

Votre marque personnelle ou personal branding est la façon dont les gens vous perçoivent en tant que personne et professionnel. Elle englobe vos valeurs, votre vision, vos compétences et votre expérience. Pour développer votre marque personnelle, commencez par définir clairement qui vous êtes et ce que vous pouvez apporter à votre public. Pour ce faire, posez-vous les questions suivantes :

  • Quels sont mes points forts en tant que conférencier ?
  • Quels sont les sujets sur lesquels je suis le plus compétent ?
  • Quelle est ma valeur ajoutée pour les gens qui assistent à mes conférences ?
  • Quelles sont les valeurs que je souhaite transmettre à mon public ?

Une fois que vous avez répondu à ces questions, vous pouvez commencer à élaborer votre stratégie de marque personnelle. Cela inclut la création d’un logo, d’un site web professionnel et de supports marketing tels que des cartes de visite, des brochures et des vidéos promotionnelles.

Mais cela peut aussi impliquer en amont un travail sur votre propre personne, et notamment un relooking. Le look est un pilier incontournable du personal branding. En d’autres termes : vous êtes vous-même votre premier support de communication ! C’est vous qu’on verra en photo et en vidéo sur votre site, sur vos brochures, sur vos comptes de réseaux sociaux… Et c’est bien sûr vous qu’on verra en conférence, c’est vous que l’on viendra voir, c’est vous que les gens doivent avoir envie de voir ! C’est pourquoi votre image, votre look, est aussi important.

Le relooking est une étape quasi-obligée pour renouveler votre image et renforcer votre marque personnelle. Si vous souhaitez devenir conférencier à succès, il est essentiel de créer une image professionnelle et cohérente avec votre marque personnelle. Comment faire ? Voici quelques pistes pour envisager votre relooking dans la perspective de votre personal branding :

Analysez votre image actuelle

La première étape pour réussir votre relooking est de faire une analyse de votre image actuelle. Posez-vous les questions suivantes :

  • Comment est-ce que je me perçois actuellement ?
  • Comment les autres me perçoivent-ils ?
  • Quels sont les points forts de mon image actuelle ?
  • Quels sont les points faibles de mon image actuelle ?

Cette analyse vous permettra de comprendre vos besoins en termes de relooking et de déterminer les domaines sur lesquels vous devez travailler.

Déterminez votre style personnel

La deuxième étape pour réussir votre relooking est de déterminer votre style personnel. Votre style personnel doit refléter votre marque personnelle et les valeurs que vous souhaitez transmettre à votre public. Pour déterminer votre style personnel, vous pouvez vous inspirer de différents styles de mode et choisir ceux qui correspondent le mieux à votre personnalité et à votre image professionnelle.

Identifiez les éléments clés de votre relooking

Une fois que vous avez déterminé votre style personnel, vous pouvez identifier les éléments clés de votre relooking. Voici quelques éléments clés à prendre en compte :

  • La coiffure : votre coiffure doit être professionnelle et refléter votre personnalité. Vous pouvez choisir une coupe classique ou plus moderne en fonction de votre style personnel.
  • Le maquillage : le maquillage doit être naturel et discret. Évitez les couleurs vives et les styles de maquillage trop audacieux.
  • Les vêtements : vos vêtements doivent être professionnels, confortables et refléter votre style personnel. Évitez les vêtements trop serrés ou trop décontractés.
  • Les accessoires : les accessoires tels que les montres, les bijoux et les lunettes doivent être choisis en fonction de votre style personnel et de votre image professionnelle.

Travaillez avec un pro du relooking

Pour réussir votre relooking, il est recommandé de travailler avec un professionnel du relooking. Un professionnel du relooking peut vous aider à déterminer votre style personnel, à choisir les vêtements et les accessoires qui vous conviennent le mieux, et à vous donner des conseils pour maintenir votre image professionnelle au fil du temps.

En résumé, un relooking peut être une méthode efficace pour renouveler votre image et renforcer votre marque personnelle. En suivant les étapes décrites ci-dessus, vous pouvez réussir votre relooking et créer une image professionnelle cohérente avec votre marque personnelle.

2. Créez une stratégie marketing efficace

Une fois que vous avez développé votre marque personnelle, vous devez élaborer une stratégie marketing efficace pour vous faire connaître et promouvoir vos services de conférencier. Voici quelques conseils pour élaborer une stratégie marketing réussie :

  • Identifiez votre public cible : pour être efficace, votre stratégie marketing doit être adaptée à votre public cible. Identifiez qui sont vos clients potentiels et ce qu’ils recherchent.
  • Définissez votre message clé : votre message clé doit être simple, clair et impactant. Il doit refléter votre marque personnelle et les avantages que vous pouvez offrir à votre public.
  • Utilisez les réseaux sociaux : les réseaux sociaux sont un outil puissant pour promouvoir vos services de conférencier et trouver vos premiers clients. Créez des comptes sur les réseaux sociaux pertinents pour votre public cible (seulement LinkedIn, ou twitter aussi ? …Tik tok, vraiment ?) et utilisez-les pour partager des articles, des vidéos et des photos pertinents.
  • Participez à des événements et des conférences : participez à des événements et des conférences pour vous faire connaître et rencontrer des personnes influentes dans votre domaine.
  • Utilisez le marketing par e-mail : le marketing par e-mail est un moyen efficace pour rester en contact avec votre public et promouvoir vos services. Créez une liste de diffusion de personnes intéressées par vos conférences et envoyez-leur des newsletters et des invitations à vos événements.

Attardons-nous sur le message clé : c’est en effet l’une des choses les plus importantes à développer, à partir de quoi vous pourrez bâtir tout le reste de votre communication.

Le message clé est l’élément essentiel de votre communication en tant que conférencier. Il doit être simple, clair et impactant, pour que votre public cible comprenne rapidement votre valeur ajoutée et soit convaincu de faire appel à vos services. Voici quelques étapes pour définir votre message clé et des exemples concrets, réels ou fictifs :

Identifiez votre valeur ajoutée

La première étape pour définir votre message clé est d’identifier votre valeur ajoutée. Posez-vous les questions suivantes :

  • Qu’est-ce que je peux apporter de différent à mon public cible ?
  • Quels sont mes points forts en tant que conférencier ?
  • Quels sont les avantages que je peux offrir à mon public ?

Votre réponse à ces questions doit être la base de votre message clé.

Déterminez votre public cible

La deuxième étape pour définir votre message clé est de déterminer votre public cible. Vous devez savoir à qui vous vous adressez pour adapter votre message à leurs besoins et à leurs attentes. Identifiez les caractéristiques de votre public cible, telles que l’âge, le sexe, la profession, les centres d’intérêt, etc.

Créez un message simple et impactant

Une fois que vous avez identifié votre valeur ajoutée et votre public cible, vous pouvez créer un message clé simple et impactant. Voici quelques exemples de messages clés :

  • Conférencier en marketing digital : « Je vous aide à maximiser votre présence en ligne et à atteindre vos objectifs commerciaux grâce à une stratégie marketing efficace. »
  • Conférencier en leadership : « Je vous aide à devenir un leader inspirant et à maximiser le potentiel de votre équipe grâce à des techniques de leadership éprouvées. »
  • Conférencier en développement personnel : « Je vous aide à atteindre vos objectifs personnels et professionnels en développant votre confiance en vous et en surmontant vos peurs. »

Vous comprenez l’idée ? Ces exemples montrent comment un message clé simple et impactant peut être créé en fonction de la valeur ajoutée et du public cible.

Testez votre message clé

Une fois que vous avez créé votre message clé, vous devez le tester auprès de votre public cible ! Demandez-leur directement et sans détour leur avis sur votre message et sur ce qu’ils ont compris de votre valeur ajoutée. Utilisez leurs commentaires pour ajuster votre message si nécessaire.

Ce qu’il faut retenir ici, c’est que définir votre message clé est essentiel pour réussir en tant que conférencier. En identifiant votre valeur ajoutée, votre public cible et en créant un message clé simple et impactant, vous pouvez convaincre votre public de faire appel à vos services. Utilisez des exemples concrets, réels ou fictifs pour inspirer la création de votre propre message clé.

3. Développez votre présence digitale

Aujourd’hui, une présence digitale forte est essentielle pour réussir en tant que conférencier. Voici quelques éléments clés à prendre en compte pour développer votre présence digitale :

Créez un site web professionnel

La base ! Votre site web est votre vitrine en ligne. Il doit être professionnel, facile à naviguer et offrir des informations claires sur vos services de conférencier. Assurez-vous que votre site web contient les éléments suivants :

  • Une page d’accueil claire qui présente votre marque personnelle et vos services de conférencier.
  • Une page sur vous, qui donne des informations sur votre expérience, vos qualifications et vos réalisations.
  • Une page sur vos services de conférencier, qui décrit clairement les sujets sur lesquels vous pouvez intervenir et les avantages que vous offrez à votre public.
  • Une page sur vos clients et témoignages, qui met en avant les commentaires positifs de vos clients précédents.
  • Un formulaire de contact pour que les clients potentiels puissent facilement vous contacter.

Utilisez les médias sociaux

Les médias sociaux sont un outil puissant pour promouvoir votre présence digitale et vous connecter avec votre public cible. Voici quelques conseils pour utiliser les médias sociaux de manière efficace :

  • Créez des profils sur les plateformes de médias sociaux les plus pertinentes pour votre public cible, telles que LinkedIn, Twitter, Facebook et Instagram.
  • Partagez régulièrement des mises à jour, des articles, des vidéos et des photos sur vos profils de médias sociaux.
  • Interagissez avec votre public en répondant à leurs questions et commentaires.
  • Utilisez des hashtags pertinents pour augmenter la visibilité de vos publications.

Créez des contenus de qualité

Pour réussir en tant que conférencier, il est essentiel de créer des contenus de qualité pour votre public. Voici quelques types de contenus que vous pouvez créer :

  • Des articles de blog sur des sujets pertinents pour votre public cible.
  • Des vidéos de conférences ou des interviews pour montrer votre expertise.
  • Des livres blancs ou des guides sur des sujets spécifiques.
  • Des podcasts sur des sujets liés à votre domaine d’expertise.

Participez à des événements en ligne

Les événements en ligne (et pourquoi pas dans le métaverse !)sont une excellente occasion de rencontrer de nouveaux clients potentiels et de vous faire connaître en tant que conférencier. Voici quelques types d’événements en ligne auxquels vous pouvez participer :

  • Des webinaires sur des sujets pertinents pour votre public cible.
  • Des conférences en ligne ou des salons professionnels.
  • Des rencontres avec des influenceurs ou des experts dans votre domaine.

En résumé, devenir conférencier à succès nécessite du temps, de l’effort et de la persévérance. En développant votre marque personnelle, votre stratégie marketing et tout particulièrement votre présence digitale, vous pouvez attirer plus de clients potentiels et augmenter votre visibilité en ligne. Suivez les étapes décrites dans cet article pour commencer à bâtir votre carrière de conférencier dès aujourd’hui !

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Face au trac, comment se préparer ?

Le stress et le trac sont des phénomènes bien connus des orateurs, en particulier des orateurs les plus expérimentés. De même pour les acteurs, aussi talentueux soient-ils, qui connaissent tout au long de leur carrière un sentiment de peur identique chaque fois qu’ils montent sur les planches pour une représentation théâtrale.

S’il est vain de chercher, par tout moyen, à se débarrasser de cette pression particulière, il est utile d’en identifier les mécanismes, afin de mieux comprendre les raisons pour lesquelles ce sentiment d’oppression survient dès lors qu’il s’agit d’intervenir en public.

Il existe cependant des exercices de préparation mentale qui permettent à l’orateur de canaliser et de mieux contrôler les effets produits par l’anxiété sur son organisme.

Le trac : une « anxiété sociale anticipatoire »…

Le fonctionnement du stress a fait l’objet de nombreuses études, qui ont notamment permis de définir le « trac » comme une forme particulière d’anxiété sociale anticipatoire.

On parle en effet d’anxiété sociale, car il s’agit d’une émotion éprouvée en présence d’un groupe de plusieurs personnes exerçant sur l’orateur une pression particulière : le public est là pour écouter ce que l’orateur cherche à lui communiquer. Partant, il se comporte à la manière d’un juge, dont la sentence est redoutée.

On parle également d’anxiété anticipatoire, car le stress agit comme une réponse à la projection d’un danger à venir, d’une menace. Il naît d’images négatives, de représentations pessimistes que l’on se fait d’un événement spécifique. Par exemple, le candidat à un concours d’éloquence perçoit de manière plus ou moins consciente la possibilité d’un échec, d’une performance ratée. Et c’est bien la perception de cette issue fâcheuse qui est à l’origine d’une crispation particulière dans les minutes qui précèdent le temps de la réalisation.

Le trac se constitue donc à partir d’images et de représentations, généralement inconscientes.

Techniquement parlant, le stress naît de perturbations produites à partir des agitations du cerveau « reptilien », qui est la source physiologique de nos émotions, et donc le travail qu’il convient d’accomplir pour gérer ce stress ne peut seulement reposer sur le principe d’une préparation « intellectuelle » (qui ferait alors appel au fonctionnement du néocortex, siège des facultés de langage et de raisonnement).

Par exemple, rien ne sert de se répéter inlassablement que « tout va bien se passer », en cherchant, pour s’en convaincre, les arguments rationnels les plus rassurants. L’expérience prouve qu’une telle méthode est susceptible de se révéler contre-productive, en intensifiant nos peurs et nos raisons de douter de nos propres capacités.

Au contraire, la préparation mentale à laquelle il convient de s’entraîner doit avoir pour objectif d’agir sur nos émotions. Dans cette perspective, il s’agit fondamentalement de transformer des émotions négatives, génératrices d’angoisses, en émotions positives, susceptibles de modifier notre perception d’un danger supposé.

Apprendre à lâcher prise

Selon les profils particuliers propres à chaque orateur, cette préparation peut prendre plus ou moins de temps, et s’avérer plus ou moins difficile. Différentes techniques coexistent, des plus savantes – comme l’autohypnose – au plus immédiates – comme la respiration profonde

Ces différentes méthodes reposent néanmoins sur un principe commun : la nécessité de « lâcher prise »…

Qu’est-ce que le « lâcher prise » ? Cette expression désigne habituellement un état d’endormissement de nos capacités de jugement, qui vise à laisser agir d’autres capacités de notre esprit, au premier rang desquelles se trouve la créativité.

Les techniques de « lâcher prise » nous permettent ainsi de focaliser nos capacités mentales sur des réalités que le jugement et la raison ont généralement tendance à dissimuler. C’est un état actif de grande concentration, qui nous permet d’apprivoiser les images et les sensations qui fourmillent à partir de notre perception de la réalité, en les observant, patiemment, sans les condamner ni les rejeter.

A partir de la perception accrue que l’on peut obtenir en pratiquant régulièrement la relaxation ou la méditation, les contours des obstacles que l’on croyait percevoir se font plus nets, plus précis. Et l’angoisse conséquente à la perception d’un danger mal défini se dissipe progressivement : peu à peu, tout se passe comme si la peur cédait le pas à une certaine forme de joie, d’enthousiasme. Plutôt que de redouter d’avoir à parler en public, on en vient à souhaiter la venue prochaine d’un exercice dont on devine qu’il peut procurer du plaisir. La notion du temps se fait différente, on ressent au fond de soi une certaine forme de dynamisme, qui nous donne envie d’exercer nos talents et nos compétences.

Dans cette perspective, la tension induite par le stress n’a pas disparu – mais elle a changé de nature. Alors qu’il s’agissait d’une tension d’angoisse qui contractait les capacités de notre organisme, elle est devenue tension dynamique, qui nous incite à l’effort et à la réalisation d’une performance.

De la sorte, nous avons « reprogrammé » nos émotions négatives en sensations positives, à la suite d’un travail qui, pour porter ses fruits, suppose que nous acceptions les changements produits par les techniques de lâcher prise.

La réussite de ces exercices repose ainsi sur la capacité de l’orateur à prendre confiance en ses propres capacités de transformation. Ce travail peut être mené en solitaire, à l’aide de manuels capables de fournir de bonnes méthodes de relaxation. Il peut être également mené en compagnie d’une personne qualifiée, à qui l’on peut suffisamment faire confiance pour nous aider à progresser patiemment sur les voies de la relaxation.

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Savoir remercier : l’une des clés du succès…

Dites « merci » intensément… Au moins une fois. A tout. A tous. A tout le monde, pour tout. C’est le moment de remercier tous ceux qui ont contribué à un petit moment de bonheur dans votre vie, aussi infime fut-il… qu’ils s’y attendent, ou pas ! Votre conjoint, vos amis, vos enfants, vos rencontres : on oublie parfois que ce sont surtout eux qui font toute la douceur et le plaisir de nos bons moments (peu importe importe la météo, le lieu ou les autres inévitables tracas)… Prenez donc le temps de contacter chacune des personnes ayant contribué même indirectement à un moment de joie au cours de ces derniers mois. Essayez de les voir en personne, ou au moins de les avoir au téléphone (pas d’e-mail, ni de sms !).

Trois caractéristiques feront alors de votre « merci » un message encore plus touchant et plus intense, et il contribuera en lui-même à offrir également en retour aux personnes que vous remerciez un petit moment de bonheur :

  • 1. Faites Simple : faites court et direct. Juste de l’émotion, pas d’explication fonctionnelle ou matérielle, pas d’autre sujet à votre message, pas de faux prétexte. Dites tout simplement « merci, j’ai passé un très bon moment grâce à toi ».
  • 2. Agissez de façon Gratuite : ne demandez surtout rien en même temps que vous dites ce merci. Séparez vos messages et évitez a tout prix un merci qui paraîtrait poli ou intéressé.
  • 3. Soyez Inattendu : surprenez. Quoi de plus plat qu’un « merci » convenu et poli ?

J’aime donner ainsi tout au long de l’année des petits « merci » sincères et intenses aux personnes qui me sont chères. Autour d’un verre, par téléphone ou encore mieux : écrit à la main ! Surtout pas par e-mail. A la limite dans un court SMS si celui-ci est sincère et spontané, et si vous pouvez appeler ou voir la personne rapidement après. Offrir ce petit plaisir est aussi un grand plaisir pour soi ! Alors faites vous plaisir vous aussi : à qui n’avez vous pas encore dit merci ce mois-ci ? :)

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Qu’est-ce qu’un « bretteur » ?

Qu’est-ce qu’un bretteur ? Ce mot venu d’un autre âge se rencontre de temps en temps dans les colonnes d’un journal, à propos de… débats politiques !

Une « brette » était une sorte d’épée, à lame longue et effilée, en usage du XVIe au XVIIe siècle. A cette époque, un bretteur était donc un duelliste, un escrimeur, quelqu’un aimant se battre à l’épée, chercher querelle et provoquer les autres en duel… Quel rapport avec la politique et les débatteurs (à part la rime) ?

Pour les spécialistes de la rhétorique, le débat est souvent envisagé comme un combat. Celui qui pousse le plus loin cette comparaison est le philosophe allemand Schopenhauer, dans son célèbre ouvrage L’art d’avoir toujours raison. Il développe toute une métaphore guérrière où chaque mot, chaque formule devient un coup de poignard ou d’épée. C’est d’autant plus vrai en politique, où les débatteurs sont prêts à tout pour écraser leurs adversaires.

Pour rappel, la rhétorique est l’art de la persuasion. Dans l’idéal, la rhétorique ne devrait pas être utilisée comme une arme. Elle ne devrait pas servir à « enrober » les idées fausses ou malhonnêtes. Elle devrait simplement servir à amplifier l’attrait des idées justes et vraies, par delà la rudesse ou la rigueur de leur démonstration formelle.

Dans L’art d’avoir toujours raison, Schopenhauer explique d’ailleurs que « la première mission des rhéteurs est d’élaborer et d’analyser les stratagèmes de la malhonnêteté dans la controverse afin que, dans les débats réels, on puisse les reconnaître immédiatement et les réduire à néant ». D’une certaine manière, le but de la rhétorique est de neutraliser les mauvais usages de la rhétorique…

Mais le philosophe allemand fait bien vite remarquer que la rhétorique sert de la même façon idées vraies et idées fausses – et le plus souvent en faveur de ces dernières. Pour Schopenhauer, les hommes sont vils et malhonnêtes. Ils cherchent seulement leur propre gloire, leur petit succès personnel, égoïstement, contre les autres et non avec eux… C’est à travers cette vision pessimiste du monde que les relations entre les hommes apparaissent comme tout autant de luttes implicites, de conflits larvés, de guerres symboliques. Le débat s’assimile à un combat, à une lutte dans laquelle la seule chose qui compte est de soi-même triompher, quelles que soient les idées défendues, au détriment de la vérité.

Schopenhauer insiste sur cette idée en utilisant nombre d’expressions directement tirées du registre militaire. Le terme même de « stratagème », par lequel il nomme chaque figure rhétorique qu’il présente, désigne à l’origine un procédé tactique propre à l’armée.

Dans les quelques pages d’introduction de L’art d’avoir toujours raison, Schopenhauer se sert de formules telles que : « …pour battre l’adversaire à armes égales… », « …dans les règles de ce combat… », « …toucher et parer, c’est cela qui importe… », etc. Schopenhauer use d’un vocabulaire guerrier, et fait plusieurs fois le parallèle avec un « maître d’arme préparant un duel »

La métaphore du combat est bien là, explicite et assumée, et le débatteur, qui se doit donc d’être bon rhéteur, est présenté comme un parfait bretteur.

Amusant : en québécois, le verbe bretter, de la même famille que bretteur, signifie « perdre son temps à une activité inutile, pinailler, discutailler, palabrer »… On dit « arrête de bretter » pour « arrête de glander » ! Voilà peut-être une traduction bien plus juste que la nôtre, qui ferait presque passer nos politiciens pour de nobles combattants héroïques…

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Stress : la peur liée à l’enjeu de la situation

La peur liée à l’enjeu de la situation est l’une des trois causes typiques du trac : elle correspond au stress éprouvé lors des examens, des soutenances de thèses ou des présentations de projets face à un jury, des entretiens d’embauche et autres tests de sélection.

Dans la majorité des cas, pour limiter ce stress, il faut dissocier l’objectif visé des moyens mis en oeuvre pour l’atteindre.

Certains des objectifs que nous nous fixons peuvent devenir de vraies obsessions. Or, c’est précisément en nous focalisant dessus que nous en faisons des montagnes, des sommets inatteignables. L’idée qui nous envahit alors est négative et génère donc du stress : nous pensons au vide qui nous sépare de ces objectifs, à ce que nous pourrions rater, à ce qui pourrait nous passer sous le nez

Se fixer des objectifs est une bonne chose, surtout des objectifs ambitieux et à long terme. Sun Tzu, le grand stratège chinois, faisait remarquer avec perspicacité que « celui qui n’a pas d’objectifs n’est pas prêt de les atteindre ».

Toutefois, avant que ces objectifs soient atteints, quels qu’ils soient, il faut franchir diverses – et parfois nombreuses – étapes intermédiaires. Ces étapes semblent parfois nous en éloigner, et la mauvaise perception de ce décalage peut faire naître une sensation d’angoisse.

Certaines épreuves ont en effet l’air de n’avoir aucun rapport avec ce que l’on vise. C’est pourtant notre capacité à nous y appliquer qui est ainsi testée. Il faut donc éviter de trop se projeter, se demander si oui ou non nous réussirons ce concours, décrocherons cette bourse ou obtiendrons ce poste, et se concentrer sur l’épreuve, seulement l’épreuve, l’entretien ou l’examen.

Envisagez chaque épreuve comme un entrainement, sans aucun but autre que celui de se perfectionner dans ce même type d’épreuves. Allez à un entretien pour vous entraîner aux entretiens. Envisagez chaque passage à l’oral comme une occasion de vous améliorer à l’oral. Dites-vous qu’être confronté à un jury vous habitue justement à ce genre de situation et vous permet d’être plus à l’aise en général…

Il faut s’immerger totalement dans l’épreuve, comme un jeu, afin de mettre entre parenthèses le véritable enjeu.

En d’autres termes : ne pas (trop) réfléchir à l’avenir et ne penser qu’au présent.

Les idées négatives ainsi mises de côté, vous serez plus décontracté : et cette décontraction est précisément le petit plus qui peut faire toute la différence, par exemple lors d’un entretien d’embauche face à d’autres candidats plus crispés !

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Comment Démosthène est devenu le plus grand orateur de son temps : découvrez 4 secrets pour mieux vous exprimer

Il est utile, pour toute personne voulant se former à l’art oratoire, de s’intéresser également à la vie des grands orateurs. C’est pourquoi je veux vous parler aujourd’hui du plus célèbre d’entre eux : Démosthène.

Démosthène a vécu au IVe siècle av. J.-C., de -384 à -322. Souvent cité par Cicéron comme un modéle d’éloquence, il fut l’un des plus grands orateurs de la Grèce antique.

Pourtant, ce n’était pas gagné…

A ses débuts, Démosthène était en effet peu doué. Son premier contact avec la tribune et le public fut un échec. On raconte que sa voix manquait de force, que son articulation était peu soutenue, et que sa prononciation était mauvaise (il avait notamment du mal avec les « R »)… En plus de cela, le trac et le trouble le paralysait, ses gestes étaient maladroits, et il soulevait sans cesse une épaule, par une sorte de tic…

C’est ainsi que, lors de sa première intervention en public, il se fit carrément huer. Les gens se moquèrent de lui et critiquèrent violemment sa façon de s’exprimer.

Malgré cela, il continua d’intervenir en public, entre autres pour défendre ses idées politique. Et il finit par devenir l’un des meilleurs et des plus célèbres orateurs de l’Antiquité. Comment a-t-il fait ? Quels sont ses secrets ? Voici comment Démosthène s’acharna à remédier à ses défauts, grâce à 4 techniques surprenantes :

1 – Les fameux « cailloux de Démosthène »

Démosthène avait des soucis d’articulation et de prononciation. Pour délier sa langue, il s’entraîna à parler avec des galets dans la bouche. Cette technique, désormais appelée « les cailloux de Démosthène », est encore utilisée par certains orthophonistes pour améliorer la diction. En voici le principe :

En plaçant quelque chose dans votre bouche, vous gênez les mouvements de celle-ci ; et si vous voulez vous mettre à parler dans ces conditions, vous êtes alors obligé d’articuler exagérément pour que vos paroles soient un minimum compréhensibles. Ce travail d’articulation permet d’exercer les muscles buccaux, ce qui améliore nettement votre expression orale.

Faites le test ! Pas forcément en avalant des cailloux ramassés par terre, mais plus simplement en vous coinçant un crayon entre les dents. Choisissez quelques formules et prononcez-les à voix haute deux ou trois fois en vous efforçant de parler de la façon la plus correcte possible malgré cette gène. Enlevez ensuite le crayon, et reprenez vos formules : vous serez surpris de voir à quel point votre expression se révélera aussitôt bien meilleure, plus fluide et plus agréable…

Les cailloux de Démosthène éloquence

– Démosthène s’exerçant à la parole –
Peinture de Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ, réalisée en 1870

Démosthène avait également une méthode originale pour travailler le volume de sa voix. C’est sur la plage qu’il ramassait les galets, qu’il mettait ensuite à la bouche. Et il profitait d’être face à la mer pour s’exercer à parler fort face au bruit des vagues (cf. le tableau ci-dessus). De façon similaire, mettez votre radio à fond, et essayez de couvrir le bruit en haussant le ton !

2 – La préparation physique

L’art oratoire est une discipline bien plus physique qu’on ne le pense. Le talent d’un orateur ne dépend pas seulement des mots qu’il emploie, de ses idées et de sa façon d’argumenter : encore doit-il exécuter les bons gestes, occuper l’espace, manier des objets, s’exprimer avec force et clarté sans s’essouffler, tenir dans la durée… Parler face à une assemblée devient vite un sport à part entière.

Pour jaillir avec énergie, la parole doit être soutenue par un corps solide et entraîné. La voix de Démosthène était faible, et seul un souffle puissant peut porter une voix forte. Pour cultiver son souffle, il se mit donc à faire de la course à pied

Pour nous, le vélo est aussi un excellent moyen, plus contemporain. D’une façon générale, le sport permet d’améliorer notre posture et notre allure. Par exemple, un bon gainage au niveau abdominal, combiné à un fessier et des lombaires renforcés, permet de maintenir une posture bien droite et assurée. La pratique physique et sportive devrait être le complément indispensable des études en rhétorique !

3 – L’épée sous l’épaule

Pour son tic à l’épaule, Démosthène se résolut à travailler devant un miroir. Il coinça une épée le long de son corps, la pointe sous l’aisselle : il était ainsi renseigné sur la discipline de son épaule par les piqûres douloureuses qu’elle lui occasionnait quand son tic le reprenait…

Bien sûr, vous n’avez peut-être pas d’épée chez vous, et vous ne voudriez de toute façon pas tenter une technique aussi violente. Voici donc un autre moyen, plus soft, pour apprendre à contrôler votre gestuelle et limiter vos mouvements involontaires :

Remplissez un bol d’eau, à ras-bord, au point que la moindre secousse devrait vous en faire mettre à côté. Prenez alors ce bol entre vos deux mains, en coupole, de telle façon que vous ne pouvez en détacher une pour tenir le bol avec l’autre seulement. Puis… Commencez à parler, à raconter une histoire, ou à répéter un exposé ! En veillant à ne pas tout renverser par terre ou sur vous ;-)

Remarques : cet exercice est à faire debout, dans votre cuisine, ou un lieu avec du carrelage de préférence… Pour les plus entraînés, vous pouvez risquer quelques déplacements, pas trop brusques ni trop rapides bien sûr, cela vous obligera à vous tenir bien droit même en marchant. Enfin, plutôt que de travailler devant un miroir, ce qui vous contraint à rester concentré sur votre reflet tout en parlant, il est préférable de se filmer, et découvrir ensuite son image.

4 – L’isolement et l’entraînement

Comme tout processus d’apprentissage et de perfectionnement, devenir un bon orateur peut se révéler long et fastidieux. Il est donc important de rester concentré, et de garder intacte sa volonté. On raconte que Démosthène s’obstina à progresser en s’isolant dans un bâtiment souterrain pour mieux travailler. Il se rasa même la moitié de la tête et de la barbe pour s’empêcher de sortir (ne voulant être vu de la sorte…).

Dans votre cas, inutile d’aller vous enfermer dans la cave pour vous adonner à l’art oratoire… Mais il est important que vous ayez un lieu dédié à votre pratique. Pourquoi pas votre chambre, votre salon, où encore une salle de formation du Club d’Éloquence. L’espace doit vous être réservé, si possible spacieux et dégagé, et vous ne devez pas craindre de déranger qui que ce soit en élevant la voix.

Gardez également en tête que se former à l’éloquence exige du temps, et vous devez pour cela être prêt à y consacrer au moins une heure, un ou plusieurs jours par semaine. Prenez cette activité au sérieux, au même titre que vos autres activités – professionnelles, sportives ou familiales -, et réservez-vous un moment spécial pour cela. Travailler sa voix est un rendez-vous avec soi-même. Notez-le dans votre agenda comme tout autre rendez-vous important, et organisez votre emploi du temps en fonction !

Ce qu’il faut retenir de l’histoire de Démosthène, c’est que son talent en matière d’art oratoire ne tient pas à un quelconque « don », à une prédisposition ou à une qualité innée. Il était mauvais, et a travaillé dur pour devenir le meilleur. On s’est moqué de lui pendant des années, lors de ses premiers discours, il a été chahuté et humilié… Puis on s’est mis à l’écouter, on a reconnu en lui un véritable orateur… Et plus de 2000 après, on parle toujours de lui comme d’un modèle d’éloquence !

C’est en ce sens que Démosthène occupe une place à part parmi les grands orateurs de l’Antiquité.

Il a marqué à jamais la rhétorique et l’art oratoire. Il nous a laissé de nombreux et ingénieux exercices de perfectionnement à l’oral, qui font encore leurs preuves aujourd’hui. Il demeure une source d’inspiration pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’exprimer avec brio, porter leurs idées avec force et conviction, et remporter l’adhésion de leur public.

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Savez-vous vraiment ce qu’il y a de plus important dans un discours ? La réponse peut TOUT changer…

Imaginez la situation : vous êtes sollicité par une association pour donner une conférence. Devant 50 à 100 personnes. Dans un mois. Le thème ? Vous avez carte blanche, tant que c’est en lien avec votre métier ou votre spécialité. Plutôt flatté, et toujours motivé, vous acceptez.

Comment vous y prenez-vous pour préparer cette intervention ?

Que la conférence ait lieu dans un mois, 10 jours ou 1 an, votre préparation doit commencer le plus tôt possible, dès que vous en avez été informé : il s’agit d’ouvrir et laisser couler à flot le « robinet à idées », pour accumuler un maximum d’informations, et commencer à les organiser progressivement.

Toutefois, la qualité de votre intervention ne dépendra pas de la quantité d’informations que vous y mettrez. Et quelles que soient ces informations, cela ne saurait de toute façon suffire pour préparer un discours de façon efficace. Encore faut-il répondre précisément à la question : pourquoi intervenir à l’oral ?

Réponse : « Pour transmettre un message à un public donné. »

Dans cette réponse, il y a deux choses très importantes : le message bien sûr, mais aussi et surtout le public

Tout part du public, et tout revient à lui. Le public est à considérer avec le plus grand intérêt, et le plus grand respect.

L’essentiel de votre préparation doit en effet se réaliser dans la perspective de toucher votre public. Et c’est donc par lui que tout doit commencer. Car c’est en fonction de lui qu’il faut adapter l’objectif et le message de votre intervention.

Ce qu’il y a de plus important dans un discours, c’est donc à qui il est destiné.

Une erreur fréquente consiste à se concentrer uniquement sur ce que l’on veut dire, ce que l’on pense bien ou nécessaire de dire, bref, à préparer le discours en fonction de soi, de ce qui nous plait ou nous semble intéressant, en oubliant complètement de penser à qui on est sensé s’adresser.

Or, un discours, c’est un peu comme le courrier. Vous pouvez rédiger la plus belle des lettres, si vous oubliez d’indiquer le destinataire sur l’enveloppe, ça ne servira strictement à rien. De même, si votre lettre commence par « Chère Madame », alors que vous l’envoyez à un vieil oncle, il est peu probable que votre message soit bien perçu.

Avant toute chose, pour guider votre préparation, vous devez donc clairement identifier votre public. Peu importe le discours en lui-même : ce qui compte, c’est à qui vous devez l’adresser. Et pour vous en convaincre, je vous propose de faire une petite expérience :

Pensez par exemple à une intervention, que vous avez déjà donnée, ou que vous pourriez faire, quel que soit le sujet. Envisagez maintenant d’intervenir sur ce même sujet face à différents publics successifs :

  • Face à vos amis ;
  • Face à votre famille ;
  • Face à vos collègues de travail ;
  • Face à des académiciens ;
  • Face à des parlementaires, ou des responsables politiques ;
  • Face à des scientifiques ;
  • Face à une foule d’ouvriers ;
  • Dans une classe de lycéens ;
  • Devant un parterre d’agriculteurs ;
  • Lors d’une soirée dans le cadre d’une croisière…

Vous voyez où je veux en venir ? Le type de public auquel nous nous adressons conditionne notre message et notre objectif. Nous seulement nous ne nous exprimerons pas de la même façon, nous n’évoquerons peut-être pas les mêmes informations, mais, surtout, nos interventions n’auront pas toujours le même but.

L’objectif d’une intervention peut être de : divertir, informer, convaincre, appeler à l’action

Face à un public professionnel ou spécialisé (congrès, colloques, conventions…), on cherchera plutôt à informer. Face à un public généraliste, à convaincre ou appeler à l’action. Face à un public amical ou familial, à divertir. On distinguera encore entre public adulte, public enfant et « tout public », etc.

Et naturellement, en fonction du public et de l’objectif, le message sera très différent, tant du point de vue du contenu que de sa forme même (vocabulaire employé, références citées, exemples utilisés…).

Si vous êtes invité à une conférence ou si vous avez une intervention à faire, quel que soit le contexte, prenez toujours soin de vous renseigner sur votre public avant même de vous lancer dans la rédaction du discours :

Quel profil ? Moyenne d’âge ? Spécialisé ou pas ? Si oui, dans quel(s) domaine(s) ? De quelles informations dispose-t-il déjà ? Quelles sont les tendances générales (religieuses, politiques, philosophiques…) ? Et toute autre question qui vous semblera importante, selon votre sujet.

Ce n’est qu’après avoir identifié votre public que pourrez fixer votre objectif et, en fonction, élaborer votre message.

Pour vous souvenir de l’ordre de ces étapes dans vos préparations, retenez ce petit mot : « POM », trois lettres pour Public-Objectif-Message !

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Les histoires pour enfants sont-elles seulement pour les enfants ? Une définition du storytelling

Le storytelling est à la mode. On en fait un outil de communication et même de persuasion particulièrement efficace. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Littéralement, storytelling signifie : raconter une histoire. L’expression est aussi traduite en français par « communication narrative ».

Il s’agit de mettre en récit une idée, un concept, une marque, un produit, ou quoi que ce soit d’autre. Le storytelling peut en effet être utilisé dans n’importe quel domaine : entreprise, management, publicité, politique, relations publiques, communication interpersonnelle…

Dans quel but ? Capter l’attention et susciter des émotions.

Et pour retenir l’attention du public, quoi de mieux en effet que lui raconter une histoire ? Les enfants adorent qu’on leur raconte des histoires, et nous sommes tous de grands enfants…

On demandait à nos parents de nous lire une histoire avant d’aller dormir, et on se laissait bercer par des contes, des fables et des légendes…

« Il était une fois » sont des mots magiques qui invitent au rêve, excitent notre imaginaire et avivent nos émotions : nous mettons alors notre esprit critique et rationnel de côté pour nous laisser porter par l’histoire – et nous sommes d’autant plus réceptifs à son message sous-jacent, à la « morale » qui en découle insidieusement…

Pour bien comprendre l’impact d’une bonne histoire et pour en maîtriser le véritable pouvoir, je vous propose de découvrir le témoignage de Diana Hartley, consultante en entreprise :

Diana anime des stages pour dirigeants, en management et en conduite du changement. Un jour, alors qu’elle intervenait dans l’université de l’une des plus grosses entreprises mondiales de semi-conducteurs, elle proposa de débuter le stage par la lecture d’un livre pour enfant, Harold et le crayon mauve. C’est l’histoire d’un petit garçon, Harold, qui, grâce à son crayon magique, a le pouvoir de créer le monde de ses rêves simplement en le dessinant… Aussitôt, l’un des dirigeants présents riposta, déclarant :

« Les histoires, c’est pour les enfants ! »

Diana dut faire face à ses moqueries et ses railleries. Mais elle ne se démonta pas. Et une chose incroyable se produisit. Voici ce qu’elle raconte :

« Dans la salle, chaque personne avait au minimum le titre de directeur et le dirigeant qui refusait d’écouter l’histoire figurait au cinquième rang dans l’organigramme de l’entreprise.

« Je pris ma respiration, m’avançais avec assurance et posais une chaise devant la classe comme une institutrice face à ses élèves. Je commençais à lire l’histoire de Harold et le crayon mauve sur un ton chantant, en détachant les mots et en m’arrêtant en bas de chaque page afin de montrer les images à ma classe de dirigeants…

« Je les observais pendant ce temps et commençais à voir leurs traits s’adoucir, car ils écoutaient l’histoire non avec leur intellect, mais avec cette part d’enfance qu’ils avaient conservée. L’enfant en eux, celui qui avait cru en la magie des possibles, se réveillait ; des sourires et des regards innocents apparaissaient. Notre héros, Harold, les ramenait vers un temps de leur vie où tout était possible. Même le manager sceptique s’était calmé. La couleur était réapparue sur les visages, qui semblaient comme rafraîchis et inspirés. Il leur avait fallu quelques minutes pour se détendre, se laisser aller à jouer, à croire de façon enfantine qu’ils pouvaient, eux aussi, être Harold dessinant son chemin au travers des embûches, d’un gros coup de crayon gras et mauve.

« La classe, apaisée, acceptait désormais l’idée qu’un changement pouvait se produire sans conflit ni amour-propre ni tension. Ces dirigeants de haut niveau étaient prêts à croire, sans projection PowerPoint, sans graphique ni tableau, sans exercice ingénieux, en la simple possibilité de jouer et de créer ensemble quelque chose d’innovant et de brillant. »

Voici le grand secret du storytelling : les histoires gardent leur pouvoir malgré le temps qui passe. Ce qui était vrai quand nous étions petits fonctionne encore une fois adulte…

Et même si certaines personnes peuvent se sentir offensées quand on commence à leur raconter une histoire apparemment enfantine, les effets sont toujours spectaculaires.

En dépit de leur simplicité, ou précisément du fait même de cette simplicité, la plupart des histoires et contes pour enfants se construisent sur des thèmes existentiels, universels. Le conte qu’avait choisi Diana, Harold et le crayon mauve, était parfaitement adapté pour aborder la question de la conduite du changement.

Quel que soit votre sujet, vous pourrez trouver une histoire qui lui correspond.

Pour capter l’attention de votre public, n’ayez pas peur de réveiller la part d’enfance qui sommeille en lui. Racontez-lui l’histoire que vous avez choisie – ou même, comme Diana : lisez-la !

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« J’ai le TRAC ! C’est grave Docteur ? »

Ca y est, c’est à vous. On vient de vous appeler et vous aller devoir prendre la parole. Face un groupe. Face à des personnes que vous ne connaissez pas forcément. Et vous sentez votre cœur se mettre à battre… Vous sentez votre gorge se nouer, vos mains trembler…

Ce foutu trac ! Ce stress face au regard des autres ! Qu’est-ce que je dois dire ? Comment vais-je le dire ? Et si j’oublie ce qu’il faut dire ? Et si je fais des erreurs ?

Les réactions face au trac peuvent être très différentes, et se manifester par des tics et signes de nervosité très variés.

…Mais en soi, est-ce vraiment si grave, le trac ? Faut-il chercher à tout prix à s’en débarrasser ?

Les bêta-bloquants ne sont pas la solution

Régulièrement, parmi les personnes que je coache, certaines me demandent si elles doivent prendre des bêta-bloquants. Nombre d’acteurs, musiciens, journalistes télé, personnalités avant une intervention en public ou un passage médiatique ou encore avocats avant une plaidoirie, se font prescrire des bêtabloquants afin d’éviter un trac paralysant. On raconte que Jacques Chirac en prenait, et ce ne serait pas le seul de nos présidents…

De quoi s’agit-il exactement ? De médicaments utilisés en cardiologie notamment pour retenir la sécrétion d’adrénaline (liée au stress) et ralentir le rythme cardiaque. La prise de bêta-bloquants limite donc le risque de crise de trac. Mais il s’agit là d’un usage détourné et dangereux de ce type de médicament ! Ce n’est pas parce que certaines personnalités du monde artistique ou politique avouent en prendre avant certaines interventions à fort enjeu que leur consommation doit être banalisée.

En réalité, la prise de bêta-bloquant peut même avoir des effets dramatiques sur l’impact d’une prise de parole en public. En ralentissant le rythme cardiaque de l’orateur, celui-ci peut complètement se « ramollir », ne plus avoir aucun dynamisme à communiquer. Or, ce qui compte vraiment, lors d’une intervention, c’est de transmettre des vibrations. Une trop grande nonchalance, une certaine apathie voire un complet détachement ne permettent pas d’accrocher le public. Celui-ci finit par s’ennuyer, ou pire, par avoir l’impression qu’on se paye sa tête…

Détachement et vibrations

Il arrive que certaines personnes, lors de situations stressantes, semblent totalement détachées, comme si elles ne ressentaient aucune pression. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont pas le trac : leur indifférence est précisément la manifestation paradoxale de leur trac. Et cette forme d’indifférence ou de détachement peut se révéler pire que les symptômes les plus fréquents du trac (accélération du rythme cardiaque, tremblements…) : elle empêche les personnes qui l’éprouvent d’être suffisamment actives ou réactives, et de jamais vraiment rentrer dans leurs propos. Pour donner véritablement vie à son discours, c’est avec tout son corps qu’il faut communiquer de l’énergie, pas seulement par les mots ou ce que l’on dit.

Dans ses manifestations habituelles, le trac s’apparente à une énergie négative, mais qui offrent de fait la possibilité d’être converties en énergie positive. Tandis que le détachement semble être une absence d’énergie. Dans ce cas là, le travail à effectuer peut donc paradoxalement consister à (re)déclencher ou (ré)générer une sorte de stress, a priori négatif, qui pourra alors être transformée positivement.

Pour faire vibrer le public, il faut soi-même vibrer. Pensez à quelques uns des meilleurs orateurs ou comédiens que vous avez pu voir : ce ne sont pas forcément les plus détachés mais au contraire les plus impliqués dans leur rôle ou leur discours, totalement passionnés, pris par les tripes ! Eux aussi ne sont pas parfaits, eux aussi font des erreurs, mais leurs « erreurs » nous apparaissent alors comme des signes de vie, des preuves de leur folle humanité bouillonnante.

Le trac est une énergie

Le trac n’est pas négatif en soi. C’est d’abord une énergie, qui peut être perçue comme négative ou positive. Bien souvent, ce n’est pas tant la peur qui nous retient, que la peur d’avoir peur. Le trac est une tension que interprétons comme un signe de peur et c’est pourquoi nous cherchons à l’éviter. Mais nous pouvons tout aussi bien le ressentir comme une forme d’excitation qui, loin de nous bloquer, va nous stimuler.

Face aux bêtabloquants, il existe des méthodes simples, naturelles et particulièrement efficaces telles que la relaxation, la méditation, l’auto-hypnose et tout ce qui relève de la préparation mentale. Par la pratique régulière de certains exercices, la tension induite par le stress ne disparaît pas mais change de nature : alors qu’elle était tension d’angoisse paralysante (ou du moins limitante), elle devient tension dynamique incitant à l’effort et à la réalisation d’une performance.

Voici une petite anecdote que l’on m’a rapportée et qui montre bien les différentes façons de vivre une même sensation de trac. Un jeune musicien est accompagné par son père à une audition. Ce dernier s’inquiète et craint que son fiston soit paralysé par le trac. Mais l’audition se passe bien, très bien même ! A la sortie le père demande donc à son fils : « Tu n’as pas eu le trac ? » « Si, bien sûr que si… mon cœur battait très fort… » « Alors comment as-tu fait ?? » « Hé bien, en fait, j’ai aimé ça » !

Le trac est une forme de respect

Rappelons aussi que le trac est la preuve que vous prenez votre intervention au sérieux, que vous considérez votre public. Le trac peut en effet être défini comme une forme « d’anxiété sociale anticipatoire », c’est-à-dire que c’est l’idée de décevoir les autres, de ne pas répondre à leurs attentes, de ne pas être à la hauteur face à ses interlocuteurs, qui génère de la peur. Avoir le trac, c’est donc avoir le souci de bien faire… Ce qui est plutôt positif, car c’est une condition de la réussite ! Quelqu’un qui n’aurait jamais le trac, qui ne se mettrait jamais la pression, ne chercherait pas non plus à se dépasser, à progresser, à sans cesse s’améliorer.

Dans son célèbre ouvrage Comment parler en public, Dale Carnegie rapporte une anecdote du docteur Peale. Celui-ci se trouvait un jour aux côtés d’un artiste qui allait donner une représentation :
« Vous n’avez pas le trac, n’est-ce pas ? demanda l’artiste au docteur Peale.
« – Mais si, lui répondit le docteur, je suis toujours un peu ému avant de parler devant un public. J’ai un profond respect de l’auditoire, et la crainte de le décevoir me rend un peu nerveux. Pas vous ?
« – Non, déclara l’arrogant artiste, il n’y a pas de raison. le public se laisse toujours prendre. Les gens avalent n’importe quoi.
« – Je ne suis pas de votre avis, renchérit le docteur. Les gens sont nos propres souverains. J’ai un grand respect pour le public. »
Quand le docteur apprit par la suite que la popularité de l’artiste qu’il avait rencontré baissait, il eut la certitude que cela était lié à son attitude : il se rendait déplaisant et ne cherchait pas à gagner la sympathie des auditeurs.

N’essayez donc pas de faire disparaître votre trac (ce n’est de toute façon pas possible) mais tentez simplement l’apprivoiser, en vous y confrontant régulièrement et directement, et vous en ferez votre meilleur allié. En guise de conclusion, terminons sur ce bon mot de Sarah Bernhardt à une jeune comédienne ayant déclaré qu’elle avait déjà joué plusieurs fois et qu’elle n’avait même plus de trac :

« Ne vous en faites pas, le trac, cela viendra avec le talent… »

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