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20 conseils pour une prise de parole réussie (et avoir 20 sur 20 en art oratoire !)

Que pensez-vous de l’art oratoire en tant que matière notée pour le bac ? Imaginez-vous recevoir une note sur 20 pour l’une de vos prestations a l’oral ? Même si vous avez quitté depuis bien longtemps les bancs de l’école, vous gagneriez a retrouver la pression des épreuves notées du collège et du lycée : c’est souvent ce stress qui nous pousse a nous dépasser et a donner le meilleur de nous-mêmes. Vous pensez peut-être que vous ne serez plus noté et que vous n’aurez plus a subir le jugement, parfois humiliant et blessant, de vos professeurs…

Mais en réalité, vous serez jugés silencieusement par vos auditeurs, par vos spectateurs, par vos interlocuteurs ! Ce sont eux qui vous noterons mentalement, en secret, sans jamais vous dévoiler la véritable note qu’ils vous collent sur le front – ce qui rend d’autant plus difficile d’évaluer ses progrès en se basant sur des critères chiffres, quantifiables… Partez du principe que votre public ne vous est jamais acquis d’avance, qu’il peut toujours se retourner contre vous, et que pour gagner sa confiance, il n’y a pas d’autres moyens que de se donner a 200% dans chacune de vos prestations, s’investir totalement, et se préparer suffisamment.

Voici 20 conseils pour avoir « 20 sur 20 » lors de vos prises de parole ! Respectez chacun des critères suivants pour améliorer votre prestance et enchanter vos auditeurs ! Tout d’abord, voici une premières série de recommandations pour une prise de parole réussie :

1 – Soyez humble. Le monde n’est pas contre vous. Il était là avant. Il sera là après… Il n’y a rien de pire pour un orateur que de se croire au-dessus (ou en-dessous) de son public. Soyez présent, pleinement présent, et composez dans l’action, tout simplement.

2 – Changez pour changer les autres. N’attendez pas que le changement vienne des « autres », n’attendez pas que les autres changent selon votre vision de ce que le monde « devrait etre ». Agissez sur vous-même, sur les éléments sur lesquels vous pouvez exercer un contrôle direct, et travaillez a élargir ce cercle d’influence progressivement. Plutot que de dire aux autres ce qu’ils devraient faire, efforcez-vous le faire a votre niveau.

3 – Espérez pour demain mais agissez aujourd’hui. Vous rêvez de changer ? Vous avez pris de bonnes résolutions au début de l’année ? Peu importe vos désirs, au final seuls comptes les actions réalisées. Que pouvez-vous faire aujourd’hui dans la perspective de votre idéal futur ?

4 – Écoutez vos amis et entendez vos ennemis. Nos moyens de communication, qui devaient nous permettre d’entrer en relation avec le monde entier, nous amènent a nous replier sur nos petits univers, a nous enfermes dans nos petits cercles. Nous nous entourons des personnes qui pensent « comme nous » et nous bloquons ceux dont la pensée nous dérange… Les personnes ayant réellement l’esprit ouvert savent faire la part des choses, et peuvent en tirer d’incroyables profits.

5 – Savourez le moment présent. Pas besoin d’en dire plus. Parfois il faut savoir s’arreter de parler, ne pas chercher a combler chaque blanc, ne pas vouloir tout justifier. Captez la force de ces instants de silence, comme suspendus au-dessus de tous les possibles.

6 – Apprenez les règles du jeu. Ne soyez pas dupe : personne n’a jamais atteint ses objectifs en « étant soi-même »… Tout simplement pour la bonne raison que nous ne sommes jamais nous-mêmes ! Nous sommes toujours le fruits de certaines influences, de certains déterminisme… Affirmez-vous sans remettre en cause les autres : tout le monde doit pouvoir s’affirmer sans se marcher les uns sur les autres. Pour cela, il faut simplement avoir conscience des règles qui préexistent, et apprendre a jouer avec.

7 – Apprenez de vos échecs. Ce sont ces leçons qui vous pourront vous mener a la réussite. Quelqu’un qui ne rate jamais rien sera dévasté la première fois ou ça lui arrivera. Si vous avez déjà survenu a plusieurs échecs, vous survivrez a la longue route du succès.

8 – Les mots transforment la vie. Choisissez vos mots. Apprenez de nouveaux mots. Ne lachez pas n’importe quel mot au hasard, surtout si vous savez que c’est un mot qui fait mal… Choisissez vos mots pour éviter les maux.

9 – Créez de la valeur. Mettez-vous en tete de dire et d’offrir des choses qui enrichirons ceux qui écouteront. Ou alors ils se lasseront…

10 – Gardez la forme physique et morale. Faites ce qu’il faut pour cela. Surveillez votre alimentation, pratiquez une activite physique, trouvez toutes les occasion de sortir et vous depensez, rencontrez les gens en chair et en os.

11 – Respirez en conscience. Faire du sport et travailler spécifiquement la respiration en art oratoire vous y aidera !

Ces conseils vous aideront notamment pour vous relâcher et réussir vos prises de paroles ! Toutefois, cela ne suffit pas pour un 20 sur 20… Maintenant que vous etes en phase avec votre public et avec l’univers entier, vous allez pouvoir vous concentrer sur les aspects specifiques de l’art oratoire. Attirez notamment l’attention de votre audience en améliorant votre prononciation ! Parler vite… Ne pas toujours être compris… Obliger l’autre à tendre l’oreille… à faire répéter… Que de temps perdu ! Que d’occasions ratées ! Voici donc une autre série de 7 conseils pour une bonne diction :

12 – Ne forcez jamais la voix, donc articulez bien. Il est préférable d’exagérer son articulation que d’avoir une diction totalement relâchée !

13 – Ayez du plaisir à vous entendre vous-même pour le faire partager ! Et rappelez-vous, le plaisir n’a rien a voir avec la duree… Un petit quicky « KISS » est souvent préférable a un discours trop long et finalement très chiant.

14 – Mettez en confort votre auditeur. Sur le plan de la voix, cela veut dire : ne pas l’obliger à tendre l’oreille ! Rappelez-vous toujours ce qu’il y a de plus important dans un discours.

15 – Exprimez-vous en rapport avec le niveau de compréhension de votre public. Ce qu’il y a de plus important, souvenez-vous !

16 – Soyez l’acteur de votre discours. Si besoin, mobilisez toutes les techniques permettant d’augmenter son charisme et sa prestance.

17 – Aimez la langue française. Mettez-la en valeur. Enrichissez votre vocabulaire tout au long de l’annee, tout au long de votre vie…

18 – Ayez le sourire du cœur dans chaque mot ! Plaisir, plaisir, plaisir et joie de vivre, voila les maitres mots !

Evidemment, vous ne prendrez ni ne trouverez le moindre plaisir si vous êtes paralysé par le trac… Si vous flippez comme une poule mouillée… Si vous vous pissez dessus a la seule idée de vous faites scruter par des inconnus qui vous jugeront implacablement, et lâchement, en silence… Alors, comment surmonter le trac ? Voici les 3 conseils à connaitre avant de réellement se pencher sur la question :

19 – Le trac profite de notre émotivité. Le trac profite du trouble ou de l’impréparation de la personne. Donc : preparez-vous soigneusement, longtemps a l’avance, et si besoin faites appel a un media trainer ou un coach en éloquence.

20 – Le trac profite de nos flottements. C’est un poisson en eaux troubles. L’eau ici étant représentée par les émotions. Apprenez a vivre avec vos emotions, acceptez les sensations nouvelles du trac, relisez cet article sur Comment soigner le trac !

21 – Le trac est fonction de la pression extérieure. C’est le troisième facteur « aggravant » en plus des deux autres. Pour mieux gérer cet aspect, prenez conscience des différentes causes du trac et posez-vous les bonnes questions sur la situation. Autrement dit, quel est l’enjeu auquel vous êtes soumis ? Quel défi ? Quel risque… réel ou imaginaire… ? ne prenez pas ces questions a la légère !

En suivant tous ces conseils, vous vous donnez toutes les chances de décrocher un 20 sur 20 en art oratoire auprès de tous vos interlocuteurs et toutes les personnes que vous rencontrerez ! Qu’il s’agisse de relations commerciales, professionnelles, amicales, ou même de séduction, vous marquerez des points, soyez-en sur.

Si vous voulez réellement avoir une « note », sachez que l’agence Coach Eloquence a développé un protocole très particulier permettant d’évaluer votre communication : tout commence par un « bilan a l’oral » au cours duquel l’impact a l’oral de quelqu’un qui s’exprime est évalué, sur la base d’une grille d’analyse de plusieurs dizaines de critères. Ce travail d’analyse est effectué passage après passage, médiatique ou en training privé, ce qui permet a l’orateur de quantifier et suivre ses progrès. La méthode de Coach Eloquence est impressionnante, efficace et puissante. Elle a été présentée publiquement lors de congrès et conférences et fait ses preuves depuis des années auprès des décideurs et dirigeants de stature internationale.

Credit photo : C.C. giftedstudieswku

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Christian Salmon et la force (dangereuse) du storytelling

« Le cerveau humain a une capacité prodigieuse de synthèse multisensorielle de l’information quand celle-ci lui est présentée sous une forme narrative ». Cette déclaration a été faite par Nahum Gershon, chercheur chez Mitre Corporation, une société américaine spécialisée dans les technologies de visualisation de l’information.

Cela explique l’essor depuis les années 90 du storytelling en tant que technique de communication et même de manipulation. Le storytelling regroupe un ensemble de techniques qui consiste à raconter une histoire pour communiquer plus efficacement.

Gourous du marketing, du management et plus récemment de la communication politique (ceux que l’on désigne en anglais par l’expression spin doctors) se sont appropriés ces puissantes techniques. Certaines étaient déjà utilisées de façon intuitive par les plus grand thérapeutes, on pensera notamment aux fameuses métaphores du psychothérapeute Milton Ericsson (relire notamment l’anecdote de la sollicitation paradoxale).

On attribue également à ces techniques de storytelling le pouvoir de persuasion d’un Ronald Reagan, ou la victoire de George Bush, Obama, puis Trump aux présidentielles américaines. Il ne s’agit pas ici de commenter les dérives éthiques qui peuvent accompagner le storytelling, d’autres s’en chargent avec beaucoup plus de talent, notamment Christian Salmon, qui a d’abord importé le terme en France pour le dénoncer, à travers son ouvrage Storytelling : la machine à raconter des histoires et à formater les esprits. Il s’agit avant tout de comprendre et mesurer l’importance de ces techniques dans notre propre communication au quotidien.

Raconter une histoire présente plusieurs avantages quand il s’agit de convaincre. On peut en retenir trois principaux :

  1. Retenir l’attention : un histoire est plus captivante qu’une collection de chiffres ou d’arguments ;
  2. Marquer les esprits : les histoires conduisent à visualiser des personnages, des situations, etc., ce qui est en soit un moyen très efficace de convaincre
  3. Activer le levier émotionnel : la passion, l’injustice, la joie et plus généralement toutes les émotions fortes que peuvent susciter les histoires sont des leviers fondamentaux pour inciter à l’action et conduire votre interlocuteur à mémoriser vos arguments.

Etudiez et appliquez les techniques de storytelling (comme la photo mentale, la création de personnages, la structuration des dialogues, etc.) pour décupler votre pouvoir de conviction. Prenez également le temps de lire les ouvrages de Christian Salmon, tels que Ces histoires qui nous gouvernent, et Verbicide : Du bon usage des cerveaux humains disponibles ou encore La Cérémonie cannibale : De la performance politique et même Kate Moss Machine, ouvrage surprenant et inquiétant qui interroge les stratégies de communication visuelle autour de la figure énigmatique de Kate Moss, la célèbre mannequin britannique. Il y a également un article de lui paru dans Le Monde Diplomatique qui résume assez bien l’essentiel de sa thèse sur les dérives du storytelling : Une machine à fabriquer des histoires.

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Gestes et mouvements de l’orateur idéal

Qu’est-ce qu’une « bonne » gestuelle ? Comment se caractérise le langage corporel d’un orateur jugé charismatique ? Voici un fameux extrait de Cicéron à propos de L’orateur idéal qui répond à ces questions de façon nette et précise :

« …Ses gestes seront les plus sobres possibles. Il se tiendra droit, la tête haute ; il évitera d’aller et venir constamment ; il s’avancera rarement vers l’auditoire, et toujours de façon modérée […] Il avancera les bras dans les moments de tension et les ramènera à lui dans les passage plus calmes… »

Sans y avoir vraiment réfléchi, beaucoup de gens pensent qu’une bonne gestuelle consiste à faire de nombreux et grands mouvements, à « parler avec les mains », à bouger, à occuper au maximum l’espace… En réalité, les meilleurs orateurs savent contenir leur énergie, ne l’éparpillent pas en brassant de l’air avec les bras, et ont finalement une gestuelle assez sobre.

En limitant ses mouvements, on fait d’autant mieux percevoir les rares que l’on s’autorise, ce qui leur donne du poids, du sens… Ainsi, Cicéron explique que l’orateur idéal ne doit pas trop bouger, mais au contraire effectuer ses déplacements avec mesure. Ce qui compte avant tout est la droiture de la posture, le maintien général du corps, avant d’apprendre à le mouvoir correctement.

L’orateur idéal est par ailleurs le titre d’un petit livre qui correspond lui-même à un long extrait de L’Orateur – le traité de rhétorique composé à la demande du célèbre Brutus en 46 avant J.-C. dans lequel Cicéron s’efforce de mettre en lumière de façon méthodique les différents ressorts de l’éloquence à travers la figure d’un orateur idéal. Dans ce traité massif sur l’art oratoire, Cicéron aborde toutes les spécificités de l’argumentation, des figures de style, de la plaisanterie, de la gestuelle, du ton, et de bien d’autres principes encore, toujours valables et tout autant nécessaires aujourd’hui pour mieux comprendre et de mieux pratiquer l’art de persuader.

La citation ci-dessus sur la gestuelle de l’orateur idéal est tirée de la page 43 de ce petit livre L’orateur idéal, que je vous recommande chaudement pour aborder Cicéron en douceur, avant de vous plonger dans son grand traité sur le sujet.

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Apprenez à jouer avec les émotions de votre auditoire : 4 principes à appliquer dans votre communication

Parmi les grands principes qui font qu’une idée est une bonne idée, c’est-à-dire qu’elle soit retenue par votre public et que tout le monde se mette à en parler, il faut que cette idée active la corde émotionnelle de vos auditeurs. Ce principe est rappelé noir sur blanc dans l’ouvrage de référence Made to Stick, écrit par Chip et Dan Heath. Comment s’assurer que son idée soit aussi une idée émotionnelle ? Voici 4 règles à suivre pour toucher le cœur de vos interlocuteurs :

1. Il s’agit d’une idée qui concerne l’auditoire : établissez une association avec ce qui leur importe vraiment, utilisez le pouvoir de l’association. Qu’est-ce cela signifie ? Notre cerveau fonctionne par association d’idées. Avec un récit, les neurones de vos interlocuteurs ou auditeurs vont pouvoir associer l’univers de notre histoire à la leur. Par exemple, dans la perspective où vous devez parler de camping-cars à des passionnés de camping-cars : qu’est-ce qui leur importe vraiment à travers leur camping-car ? Ce n’est pas forcément le camping-car lui-même en tant qu’objet mécanique mais ce qu’il permet de vivre… Par exemple, la liberté : mettez en scène une moment d’évasion permis par le camping car, en allant n’importe où, en se réveillant n’importe où… Ou bien, la famille : mettez en scène un moment de partage en famille au sein d’un camping car, un repas ou une soirée jeu de société qui réunit des parents et leur petit garçon ou leur petite fille dans la promiscuité intimiste et réconfortante d’un camping car, à la manière des cabanes dans lesquelles on aimait tant se cacher et se blottir quand on était petit…

2. Faites valoir l’intérêt de vos interlocuteurs : faites valoir leur propre intérêt, ne parlez pas qu’à leurs seuls intérêts de base. Exemple du vendeur : Avoir le meilleur ordinateur possible n’est pas dans leur propre intérêt. Etre plus organisé, trouver l’information plus rapidement, être plus confiant de pouvoir tout trouver rapidement sont dans leur intérêt. Utilisez la fameuse hiérarchie des besoins de Maslow, pour cibler ce qui compte vraiment aux yeux de chacun d’eux.

3. Entrez en résonance avec leur identité : que ferait quelqu’un comme vous ou moi ? Des pompiers n’ont pas besoins d’être amadoués pour regarder un film de secouristes. Cela suppose de bien connaître votre public pour mettre en scène des personnages auxquels vos interlocuteurs ou vos auditeurs peuvent s’identifier, ou encore pour mettre en avant les points communs que vous avez avec eux.

4. Utilisez le pouvoir de l’imagination : demandez-leur tout simplement (mais très directement) de s’imaginer en train d’utiliser tel ou tel produit… Au fond c’est le principe à la base du storytelling, l’un des meilleurs moyens de rendre votre communication particulièrement émotionnelle et marquante.

En suivant ces 4 règles, vous vous assurez de développer un message qui touchera votre public. Votre public sera plus réceptif, vraiment attentif à ce que vous lui dites, retiendra votre message et surtout en parlera autour de lui… C’est ainsi que vous marquerez véritablement les esprits.

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L’un des meilleurs moyens de capter l’attention…

Dans le livre Made to Stick, les auteurs Chip et Dan Heath expliquent ce qu’est pour eux une bonne idée. Pour eux, une bonne idée doit être une idée inattendue. Pourquoi ? Tout d’abord parce qu’une idée inattendue attire l’attention :

  • Une idée inattendue attire l’attention par la surprise (une chose qui va à l’encontre du sens commun) ;
  • Une idée inattendue attire l’attention par la rupture de logique (exemple : un spot télévisé ressemble à une publicité pour une voiture, mais la voiture a un accident, c’est en réalité la prévention routière qui vous demande de mettre votre ceinture).

Non seulement une idée inattendue attire, mais surtout elle maintient l’attention, par exemple :

  • Les théories du complot, qui piquent notre curiosité et suscitent nos plus folles interrogations ;
  • Créer un mystère qui nécessite plus tard une résolution ;
  • Des points de changement du tout au tout que le public attendra (« le clochard est devenu trader, mais quand et comment ? »).

Comment faire ? Il faut créer la curiosité en ne donnant pas toutes les informations, par exemple en montrant quelqu’un dans la salle qui sait des choses que le reste de la salle ne sait pas, en leur prédisant ce qui se passera et leur demander de vérifier si cela arrivera réellement (exemple : en début d’intervention marquer au tableau ce que l’auditoire souhaite apprendre, à la fin revenir à ces questions pour voir si votre intervention y a répondu), en demandant des exemples, en se demandant « quelles questions est-ce que je veux que mon auditoire se pose ? » C’est en préparant ainsi vos interventions que vous capterez et surtout maintiendrez l’attention de votre public, qui en redemandera !

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Préparez vos phrases chic et choc… avec la méthode C.R.E.A.M. !

Vous connaissez les phrases « chic & choc » ? Ce sont ces petites phrases que l’on retient d’un discours, dont les politiciens sont tout particulièrement adeptes, et que vous devez vous aussi forger de façon à ce que vos interlocuteurs s’en souviennent. Comment faire ? L’auteur et ancien rédacteur de discours présidentiels James C. Humes, qui a par ailleurs écrit le fameux manuel de rhétorique Speak Like Churchill, Stand Like Lincoln, donne un secret de simplicité de création : la méthode « C.R.E.A.M. » !

– Contraste : « Il n’y a qu’une réponse à la défaite et c’est la victoire »

– Rime : « D’aller là-bas, vivre ensemble, au pays qui te ressemble »

– Echo : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays »

– Allitération : « Quand les urnes auront parlé, il faudra se soumettre ou se démettre »

– Métaphore : « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu sur le continent de l’Europe »

Il est finalement très simple de préparer ce genre de petites phrases mémorables. Demandez-vous tout d’abord « quelle est l’idée centrale de mon discours ? » Notez cette idée avec vos mots à vous sur un papier, puis jouez avec. Par association d’idées, vous finirez par faire émerger des phrases amusantes voire provocantes. Vous en produirez même de nombreuses ! Mais rappelez-vous qu’il n’est besoin que d’une seule phrase choc par intervention, parce que votre auditoire n’en retiendra probablement pas plus… Trop utiliser ces techniques, c’est leur faire perdre de leur efficacité. Servez-vous en avec parcimonie… Tout comme la crème, n’en mettez-pas trop dans vos plats, ahah !

Je vous recommande la lecture du livre Speak Like Churchill, Stand Like Lincoln. C’est clairement un livre comme on en trouve peu en matière d’art oratoire. Si vous avez déjà lu de nombreux livres concernant la prise de parole en public, vous avez peut-être l’impression de retrouver un peu trop souvent les mêmes idées, les mêmes trucs et astuces déjà bien connus et sans cesse répétés… Dans ce livre, vous trouverez la plupart des idées et exemples que tant d’autres reprennent, vous allez à la source ! Certes, le livre commence à dater un peu (paru en 2002), mais justement, préférez l’original aux pâles copies. Les techniques sont intemporelles et les exemples tirés de grands moments historiques sont eux aussi intemporels (Lincoln, Churchill et autres grands leaders qui ont fait l’histoire de leur pays et du monde…). Bref, Speak Like Churchill, Stand Like Lincoln est un livre que tout passionné d’art oratoire se doit de posséder dans sa bibliothèque, vous y trouverez toujours réjouissement et émerveillement au fil des pages feuilletées au hasard…

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Les 3 piliers de la rhétorique expliqués par ma fille

Aristote est le véritable fondateur de la rhétorique telle que nous l’entendons aujourd’hui. Développés au IVe siècle avant Jésus-Christ, ses principes prennent en compte à la fois le sens nodal et la périphérie et restent parfaitement opérationnels de nos jours. Aristote distingue trois types d’éléments dans tout discours : le logos, le pathos, l’ethos, qui peuvent correspondre à trois procédés argumentatifs ou persuasifs. Le logos est l’argument par logique (du type Si A alors B, A donc B) ; le pathos est l’argument par émotion (la peur, l’amour…) ; enfin, l’ethos est l’argument par personnalité, par réputation (l’honnêteté, les valeurs…). Le logos, le pathos et l’ethos fonctionnent habituellement ensemble pour convaincre.

Mise en situation avec ma fille de sept ans :

– Ma fillette chérie, tu dois mettre une pantalon avant de sortir parce que je t’ai dis qu’il faisait froid dehors…

– Papa, ce sont MES jambes, je sais ce que je dois mettre ! (ethos)

– Et un pantalon te permettra d’avoir chaud, n’est-ce pas…

– C’est pas grave si elles ont un peu la chaire de poule ! (logos)

– Regarde-moi, je n’aurais pas l’air idiot, là, dehors dans la rue, avec un short ?

– Si, tu aurais vraiment l’air idiot, mais pas moi ! (pathos)

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Connaissez-vous… l’OuLiPo ? 3 petits jeux littéraires pour enrichir votre vocabulaire

Avec l’OuLiPo jouons à assembler les mots, comme les rouages d’une étrange machine littéraire et langagière…

L’OuLiPo, pour « Ou-vroir de Li-ttérature Po-tentielle », est un projet lancé par un groupe d’écrivains dans les années 60. Parmi eux : Italo Calvino, Jean Queval, Raymond Queneau…

Leur but ? Inventer de nouvelles contraintes poétiques, pour créer de nouveaux textes, explorer les anciens, et jouer avec les ressources de la littérature et du langage.

Prenons par exemple le roman La disparition, de Georges Perec. Il s’agit de l’une des oeuvres emblématiques de l’OuLiPo. L’ouvrage est entièrement écrit en respectant la contrainte du lipogramme, c’est-à-dire sans jamais employer une certaine lettre de l’alphabet (et donc aucun des mots contenant cette lettre). La lettre interdite est ici la lettre E, qui est pourtant l’une des plus fréquente dans la langue française. Essayez de former des phrases en évitant d’utiliser le moindre mot contenant la lettre E, et vous verrez la difficulté ! Perec l’a fait pour un roman entier.

Exercices de style, de Raymond Quenaud, est un autre ouvrage célèbre dans lequel s’exprime tout l’esprit de l’OuLiPo. A la base, il y a une anecdote sans aucun intérêt : le narrateur monte dans un bus, assiste à une dispute entre deux personnes, et croise quelques heures plus tard l’une de ces personnes vers la gare Saint-Lazare… L’intérêt du livre vient plutôt du fait que l’auteur décline cette histoire insignifiante en près d’une centaine de versions, totalement différentes par leur style (en alexandrins, sous forme de saynète de théâtre, en argot, dans un style métaphorique, etc.).

Dans La disparition comme dans Exercices de style, tout l’enjeu est donc de dire une même chose, mais de différentes façons, en fonction des contraintes que l’on se fixe.

En ce sens, pour l’OuLiPo, toute contrainte est par essence un principe poétique. Une contrainte pousse à l’inventivité, à l’utilisation d’un vocabulaire riche et varié, et favorise le développement la créativité.

Les membres de l’OuLiPo ont ainsi inventé des dizaines et des dizaines de contraintes en tout genre, envisagées comme tout autant de jeux littéraires.

En voici 3 qui me plaisent particulièrement, parfaitement adaptables à l’oral :

1 – La littérature définitionnelle

Dans un énoncé donnée, on remplace chaque mot par la définition que l’on peut en donner ; puis on renouvelle l’opération sur l’énoncé obtenu, et ainsi de suite. Exemple :

Prenons pour énoncé de départ : « Le chat a bu le lait. »

Etape 1 : « Le mammifère carnivore domestique a avalé un liquide blanc, d’une saveur douce. »

Etape 2 : « Celui qui a des mamelles (mammifère), mange de la viande (carnivore), concerne la maison (domestique), a fait descendre dans le gosier par l’estomac (a avalé) un état de la matière sans forme propre (liquide), de la couleur du lait (blanc), d’une impression agréable sur l’organe du goût (d’une saveur douce). »

En appliquant ce procédé, une première phrase de six mots peut donner un texte de presque 200 mots dès la troisième étape ! Les définitions peuvent être techniques, ou plus poétiques. Dans l’exemple ci-dessus, le « chat » aurait pu se tranformer en « tigre des villes », etc.

2 – Le langage cuit

Le « langage cuit » consiste à prendre diverses expressions typiques, dictons, clichés et lieux communs et à les « cuire » en remplaçant chaque adjectif par son contraire. Exemple : l’expression « langage cuit » est la version cuite de… un « langage cru » !

A l’origine, « Langage cuit » le titre d’un recueil de Robert Desnos datant de 1923. En voici l’un des poèmes, construit sur ce principe :

D’une voix noire
D’une voix maigre
M’a séduite
Dans la nuit mince
Dans le jour des temps
Se vêtir d’une crêpe de chevelure
La muse aux seins mourants
Et la voix ronde
Dit que la voix est esclave
Quelle lumière cuite ce jour-là

Retrouvez-vous toutes les expressions originales, cuites et même ébouillantées dans ce poème ? « Voix blanche » est devenue « voix noire », « grosse voix » est devenue « voix maigre », etc. Amusez-vous, dans un discours ou une simple discussion, à surprendre vos interlocuteurs en transformant certaines expressions bien connues, les rajeunissant ainsi ou leur donnant un nouveau sens…

3 – Le tireur à la ligne

« Tirer à la ligne », c’est, pour un journaliste, faire long là où on pourrait faire court : on digresse, on ajoute des adjectifs, sans pour autant augmenter l’information… Pour qui est payé « à la ligne » ou à la « pige », l’intérêt économique saute aux yeux !

L’exercice oulipien du tireur à la ligne est cependant un peu différent : il s’agit, en partant d’une phrase de départ A et d’une phrase d’arrivée B, complètement indépendantes l’une de l’autre, d’insérer une phrase intermédiaire C (en faisant en sorte que ce que l’on dit reste plausible), puis de recommencer l’opération en insérant une phrase D entre A et C, une phrase E entre C et B… et continuer ainsi à insérer chaque fois une phrase nouvelle entre deux phrases existantes…

Cet exercice est excellent à pratiquer à deux (ou à plusieurs), sous forme d’échange, chacun ajoutant tour à tour une phrase ou un élément à ce que vient de dire l’autre. Le premier qui bloque, se trompe dans l’enchaînement ou n’est plus capable d’énoncer quelque chose de plausible, a perdu.

* * *

Ces 3 exercices sont tirés et adaptés du petit livre Abrégé de littérature potentielle, édité aux éditions des Mille et une nuit.

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Parlez comme Churchill, affirmez-vous comme Lincoln !

Speak Like Churchill, Stand Like Lincoln est un livre comme on en trouve peu en matière d’art oratoire. Vous avez certainement déjà lu de nombreux livres concernant la prise de parole en public. Mais quand vous aurez pris la peine de lire celui-ci, rares sont ceux qui vous procureront ensuite le même émerveillement…

Le titre peut paraître ronflant, bien qu’attirant pour qui s’intéresse à la communication politique, aux portraits de leaders et grands hommes. L’auteur, James C. Humes, fut la plume de cinq présidents des États-Unis. Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet de la prise de parole en public, il est une personnalité respectée dans ce domaine.

Le livre est une sorte de recueil de techniques oratoires, chacune d’entre elle ayant son propre chapitre. Ainsi, bien que le livre aide son lecteur du début à la fin du discours au travers d’exemples, il sera facile par la suite de n’ouvrir le livre qu’au chapitre nécessaire. Ce qui en fait le parfait livre de chevet de l’orateur.

Speak Like Churchill, Stand Like Lincoln est destiné à être lu facilement et rapidement. Chacun des 21 chapitres qui le composent présente une technique simple, en environ une dizaine pages. Ce que vous pourrez y trouver :

  • Présentation de la technique respective
  • Citations d’hommes célèbres qui les illustrent, ou d’anecdotes
  • Reformulation de la technique en langage concis et clair
  • Exemple d’utilisation moderne de cette technique

Les 21 chapitres du livre nous amènent du choix du sujet à la présentation orale, en passant par l’écriture sur votre feuille blanche. L’éventail des thèmes le rendra vite indispensable à toute préparation de discours.

    Exemple : chapitre 14 – la phrase puissante

    La « phrase puissante » étant une traduction littérale, considérez là comme une phrase choc. Voici un extrait du chapitre concernant la phrase choc que chaque discours devrait contenir. Comment la reconnaît-on ? La phrase choc est celle que l’on retient d’un discours, que vous devez forger de façon à ce que l’auditoire s’en souvienne. James C. Humes y donne un secret de simplicité de création, que l’on peut résumer par l’acronyme C.R.E.A.M.

    • Contraste : « Il n’y a qu’une réponse à la défaite et c’est la victoire »
    • Rime : « D’aller là-bas, vivre ensemble, au pays qui te ressemble »
    • Echo : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays »
    • Allitération : « Quand les urnes auront parlé, il faudra se soumettre ou se démettre »
    • Métaphore : « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu sur le continent de l’Europe »

    Il est assez simple de préparer ce genre de phrases mémorables quand on connaît la technique pour les construire. Demandez vous « quelle est l’idée centrale de mon discours ? » Ecrivez-là et jouez avec elle. Mais rappelez-vous qu’il n’est besoin que d’une seule phrase choc par intervention, parce que votre auditoire n’en retiendra probablement pas plus. Utiliser trop ces techniques, c’est leur faire perdre de leur efficacité.

    Ce livre est une mine d’or pour quiconque cherche des conseils pratiques. Il vous montre comment appliquer les techniques présentées, comment utiliser le langage du leadership et le fait de façon divertissante grâce aux nombreuses anecdotes. A lire plusieurs fois et chaque fois que nécessaire !

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