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Savez-vous vraiment ce qu’il y a de plus important dans un discours ? La réponse peut TOUT changer…

Imaginez la situation : vous êtes sollicité par une association pour donner une conférence. Devant 50 à 100 personnes. Dans un mois. Le thème ? Vous avez carte blanche, tant que c’est en lien avec votre métier ou votre spécialité. Plutôt flatté, et toujours motivé, vous acceptez.

Comment vous y prenez-vous pour préparer cette intervention ?

Que la conférence ait lieu dans un mois, 10 jours ou 1 an, votre préparation doit commencer le plus tôt possible, dès que vous en avez été informé : il s’agit d’ouvrir et laisser couler à flot le « robinet à idées », pour accumuler un maximum d’informations, et commencer à les organiser progressivement.

Toutefois, la qualité de votre intervention ne dépendra pas de la quantité d’informations que vous y mettrez. Et quelles que soient ces informations, cela ne saurait de toute façon suffire pour préparer un discours de façon efficace. Encore faut-il répondre précisément à la question : pourquoi intervenir à l’oral ?

Réponse : « Pour transmettre un message à un public donné. »

Dans cette réponse, il y a deux choses très importantes : le message bien sûr, mais aussi et surtout le public

Tout part du public, et tout revient à lui. Le public est à considérer avec le plus grand intérêt, et le plus grand respect.

L’essentiel de votre préparation doit en effet se réaliser dans la perspective de toucher votre public. Et c’est donc par lui que tout doit commencer. Car c’est en fonction de lui qu’il faut adapter l’objectif et le message de votre intervention.

Ce qu’il y a de plus important dans un discours, c’est donc à qui il est destiné.

Une erreur fréquente consiste à se concentrer uniquement sur ce que l’on veut dire, ce que l’on pense bien ou nécessaire de dire, bref, à préparer le discours en fonction de soi, de ce qui nous plait ou nous semble intéressant, en oubliant complètement de penser à qui on est sensé s’adresser.

Or, un discours, c’est un peu comme le courrier. Vous pouvez rédiger la plus belle des lettres, si vous oubliez d’indiquer le destinataire sur l’enveloppe, ça ne servira strictement à rien. De même, si votre lettre commence par « Chère Madame », alors que vous l’envoyez à un vieil oncle, il est peu probable que votre message soit bien perçu.

Avant toute chose, pour guider votre préparation, vous devez donc clairement identifier votre public. Peu importe le discours en lui-même : ce qui compte, c’est à qui vous devez l’adresser. Et pour vous en convaincre, je vous propose de faire une petite expérience :

Pensez par exemple à une intervention, que vous avez déjà donnée, ou que vous pourriez faire, quel que soit le sujet. Envisagez maintenant d’intervenir sur ce même sujet face à différents publics successifs :

  • Face à vos amis ;
  • Face à votre famille ;
  • Face à vos collègues de travail ;
  • Face à des académiciens ;
  • Face à des parlementaires, ou des responsables politiques ;
  • Face à des scientifiques ;
  • Face à une foule d’ouvriers ;
  • Dans une classe de lycéens ;
  • Devant un parterre d’agriculteurs ;
  • Lors d’une soirée dans le cadre d’une croisière…

Vous voyez où je veux en venir ? Le type de public auquel nous nous adressons conditionne notre message et notre objectif. Nous seulement nous ne nous exprimerons pas de la même façon, nous n’évoquerons peut-être pas les mêmes informations, mais, surtout, nos interventions n’auront pas toujours le même but.

L’objectif d’une intervention peut être de : divertir, informer, convaincre, appeler à l’action

Face à un public professionnel ou spécialisé (congrès, colloques, conventions…), on cherchera plutôt à informer. Face à un public généraliste, à convaincre ou appeler à l’action. Face à un public amical ou familial, à divertir. On distinguera encore entre public adulte, public enfant et « tout public », etc.

Et naturellement, en fonction du public et de l’objectif, le message sera très différent, tant du point de vue du contenu que de sa forme même (vocabulaire employé, références citées, exemples utilisés…).

Si vous êtes invité à une conférence ou si vous avez une intervention à faire, quel que soit le contexte, prenez toujours soin de vous renseigner sur votre public avant même de vous lancer dans la rédaction du discours :

Quel profil ? Moyenne d’âge ? Spécialisé ou pas ? Si oui, dans quel(s) domaine(s) ? De quelles informations dispose-t-il déjà ? Quelles sont les tendances générales (religieuses, politiques, philosophiques…) ? Et toute autre question qui vous semblera importante, selon votre sujet.

Ce n’est qu’après avoir identifié votre public que pourrez fixer votre objectif et, en fonction, élaborer votre message.

Pour vous souvenir de l’ordre de ces étapes dans vos préparations, retenez ce petit mot : « POM », trois lettres pour Public-Objectif-Message !

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Les histoires pour enfants sont-elles seulement pour les enfants ? Une définition du storytelling

Le storytelling est à la mode. On en fait un outil de communication et même de persuasion particulièrement efficace. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Littéralement, storytelling signifie : raconter une histoire. L’expression est aussi traduite en français par « communication narrative ».

Il s’agit de mettre en récit une idée, un concept, une marque, un produit, ou quoi que ce soit d’autre. Le storytelling peut en effet être utilisé dans n’importe quel domaine : entreprise, management, publicité, politique, relations publiques, communication interpersonnelle…

Dans quel but ? Capter l’attention et susciter des émotions.

Et pour retenir l’attention du public, quoi de mieux en effet que lui raconter une histoire ? Les enfants adorent qu’on leur raconte des histoires, et nous sommes tous de grands enfants…

On demandait à nos parents de nous lire une histoire avant d’aller dormir, et on se laissait bercer par des contes, des fables et des légendes…

« Il était une fois » sont des mots magiques qui invitent au rêve, excitent notre imaginaire et avivent nos émotions : nous mettons alors notre esprit critique et rationnel de côté pour nous laisser porter par l’histoire – et nous sommes d’autant plus réceptifs à son message sous-jacent, à la « morale » qui en découle insidieusement…

Pour bien comprendre l’impact d’une bonne histoire et pour en maîtriser le véritable pouvoir, je vous propose de découvrir le témoignage de Diana Hartley, consultante en entreprise :

Diana anime des stages pour dirigeants, en management et en conduite du changement. Un jour, alors qu’elle intervenait dans l’université de l’une des plus grosses entreprises mondiales de semi-conducteurs, elle proposa de débuter le stage par la lecture d’un livre pour enfant, Harold et le crayon mauve. C’est l’histoire d’un petit garçon, Harold, qui, grâce à son crayon magique, a le pouvoir de créer le monde de ses rêves simplement en le dessinant… Aussitôt, l’un des dirigeants présents riposta, déclarant :

« Les histoires, c’est pour les enfants ! »

Diana dut faire face à ses moqueries et ses railleries. Mais elle ne se démonta pas. Et une chose incroyable se produisit. Voici ce qu’elle raconte :

« Dans la salle, chaque personne avait au minimum le titre de directeur et le dirigeant qui refusait d’écouter l’histoire figurait au cinquième rang dans l’organigramme de l’entreprise.

« Je pris ma respiration, m’avançais avec assurance et posais une chaise devant la classe comme une institutrice face à ses élèves. Je commençais à lire l’histoire de Harold et le crayon mauve sur un ton chantant, en détachant les mots et en m’arrêtant en bas de chaque page afin de montrer les images à ma classe de dirigeants…

« Je les observais pendant ce temps et commençais à voir leurs traits s’adoucir, car ils écoutaient l’histoire non avec leur intellect, mais avec cette part d’enfance qu’ils avaient conservée. L’enfant en eux, celui qui avait cru en la magie des possibles, se réveillait ; des sourires et des regards innocents apparaissaient. Notre héros, Harold, les ramenait vers un temps de leur vie où tout était possible. Même le manager sceptique s’était calmé. La couleur était réapparue sur les visages, qui semblaient comme rafraîchis et inspirés. Il leur avait fallu quelques minutes pour se détendre, se laisser aller à jouer, à croire de façon enfantine qu’ils pouvaient, eux aussi, être Harold dessinant son chemin au travers des embûches, d’un gros coup de crayon gras et mauve.

« La classe, apaisée, acceptait désormais l’idée qu’un changement pouvait se produire sans conflit ni amour-propre ni tension. Ces dirigeants de haut niveau étaient prêts à croire, sans projection PowerPoint, sans graphique ni tableau, sans exercice ingénieux, en la simple possibilité de jouer et de créer ensemble quelque chose d’innovant et de brillant. »

Voici le grand secret du storytelling : les histoires gardent leur pouvoir malgré le temps qui passe. Ce qui était vrai quand nous étions petits fonctionne encore une fois adulte…

Et même si certaines personnes peuvent se sentir offensées quand on commence à leur raconter une histoire apparemment enfantine, les effets sont toujours spectaculaires.

En dépit de leur simplicité, ou précisément du fait même de cette simplicité, la plupart des histoires et contes pour enfants se construisent sur des thèmes existentiels, universels. Le conte qu’avait choisi Diana, Harold et le crayon mauve, était parfaitement adapté pour aborder la question de la conduite du changement.

Quel que soit votre sujet, vous pourrez trouver une histoire qui lui correspond.

Pour capter l’attention de votre public, n’ayez pas peur de réveiller la part d’enfance qui sommeille en lui. Racontez-lui l’histoire que vous avez choisie – ou même, comme Diana : lisez-la !

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« J’ai le TRAC ! C’est grave Docteur ? »

Ca y est, c’est à vous. On vient de vous appeler et vous aller devoir prendre la parole. Face un groupe. Face à des personnes que vous ne connaissez pas forcément. Et vous sentez votre cœur se mettre à battre… Vous sentez votre gorge se nouer, vos mains trembler…

Ce foutu trac ! Ce stress face au regard des autres ! Qu’est-ce que je dois dire ? Comment vais-je le dire ? Et si j’oublie ce qu’il faut dire ? Et si je fais des erreurs ?

Les réactions face au trac peuvent être très différentes, et se manifester par des tics et signes de nervosité très variés.

…Mais en soi, est-ce vraiment si grave, le trac ? Faut-il chercher à tout prix à s’en débarrasser ?

Les bêta-bloquants ne sont pas la solution

Régulièrement, parmi les personnes que je coache, certaines me demandent si elles doivent prendre des bêta-bloquants. Nombre d’acteurs, musiciens, journalistes télé, personnalités avant une intervention en public ou un passage médiatique ou encore avocats avant une plaidoirie, se font prescrire des bêtabloquants afin d’éviter un trac paralysant. On raconte que Jacques Chirac en prenait, et ce ne serait pas le seul de nos présidents…

De quoi s’agit-il exactement ? De médicaments utilisés en cardiologie notamment pour retenir la sécrétion d’adrénaline (liée au stress) et ralentir le rythme cardiaque. La prise de bêta-bloquants limite donc le risque de crise de trac. Mais il s’agit là d’un usage détourné et dangereux de ce type de médicament ! Ce n’est pas parce que certaines personnalités du monde artistique ou politique avouent en prendre avant certaines interventions à fort enjeu que leur consommation doit être banalisée.

En réalité, la prise de bêta-bloquant peut même avoir des effets dramatiques sur l’impact d’une prise de parole en public. En ralentissant le rythme cardiaque de l’orateur, celui-ci peut complètement se « ramollir », ne plus avoir aucun dynamisme à communiquer. Or, ce qui compte vraiment, lors d’une intervention, c’est de transmettre des vibrations. Une trop grande nonchalance, une certaine apathie voire un complet détachement ne permettent pas d’accrocher le public. Celui-ci finit par s’ennuyer, ou pire, par avoir l’impression qu’on se paye sa tête…

Détachement et vibrations

Il arrive que certaines personnes, lors de situations stressantes, semblent totalement détachées, comme si elles ne ressentaient aucune pression. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont pas le trac : leur indifférence est précisément la manifestation paradoxale de leur trac. Et cette forme d’indifférence ou de détachement peut se révéler pire que les symptômes les plus fréquents du trac (accélération du rythme cardiaque, tremblements…) : elle empêche les personnes qui l’éprouvent d’être suffisamment actives ou réactives, et de jamais vraiment rentrer dans leurs propos. Pour donner véritablement vie à son discours, c’est avec tout son corps qu’il faut communiquer de l’énergie, pas seulement par les mots ou ce que l’on dit.

Dans ses manifestations habituelles, le trac s’apparente à une énergie négative, mais qui offrent de fait la possibilité d’être converties en énergie positive. Tandis que le détachement semble être une absence d’énergie. Dans ce cas là, le travail à effectuer peut donc paradoxalement consister à (re)déclencher ou (ré)générer une sorte de stress, a priori négatif, qui pourra alors être transformée positivement.

Pour faire vibrer le public, il faut soi-même vibrer. Pensez à quelques uns des meilleurs orateurs ou comédiens que vous avez pu voir : ce ne sont pas forcément les plus détachés mais au contraire les plus impliqués dans leur rôle ou leur discours, totalement passionnés, pris par les tripes ! Eux aussi ne sont pas parfaits, eux aussi font des erreurs, mais leurs « erreurs » nous apparaissent alors comme des signes de vie, des preuves de leur folle humanité bouillonnante.

Le trac est une énergie

Le trac n’est pas négatif en soi. C’est d’abord une énergie, qui peut être perçue comme négative ou positive. Bien souvent, ce n’est pas tant la peur qui nous retient, que la peur d’avoir peur. Le trac est une tension que interprétons comme un signe de peur et c’est pourquoi nous cherchons à l’éviter. Mais nous pouvons tout aussi bien le ressentir comme une forme d’excitation qui, loin de nous bloquer, va nous stimuler.

Face aux bêtabloquants, il existe des méthodes simples, naturelles et particulièrement efficaces telles que la relaxation, la méditation, l’auto-hypnose et tout ce qui relève de la préparation mentale. Par la pratique régulière de certains exercices, la tension induite par le stress ne disparaît pas mais change de nature : alors qu’elle était tension d’angoisse paralysante (ou du moins limitante), elle devient tension dynamique incitant à l’effort et à la réalisation d’une performance.

Voici une petite anecdote que l’on m’a rapportée et qui montre bien les différentes façons de vivre une même sensation de trac. Un jeune musicien est accompagné par son père à une audition. Ce dernier s’inquiète et craint que son fiston soit paralysé par le trac. Mais l’audition se passe bien, très bien même ! A la sortie le père demande donc à son fils : « Tu n’as pas eu le trac ? » « Si, bien sûr que si… mon cœur battait très fort… » « Alors comment as-tu fait ?? » « Hé bien, en fait, j’ai aimé ça » !

Le trac est une forme de respect

Rappelons aussi que le trac est la preuve que vous prenez votre intervention au sérieux, que vous considérez votre public. Le trac peut en effet être défini comme une forme « d’anxiété sociale anticipatoire », c’est-à-dire que c’est l’idée de décevoir les autres, de ne pas répondre à leurs attentes, de ne pas être à la hauteur face à ses interlocuteurs, qui génère de la peur. Avoir le trac, c’est donc avoir le souci de bien faire… Ce qui est plutôt positif, car c’est une condition de la réussite ! Quelqu’un qui n’aurait jamais le trac, qui ne se mettrait jamais la pression, ne chercherait pas non plus à se dépasser, à progresser, à sans cesse s’améliorer.

Dans son célèbre ouvrage Comment parler en public, Dale Carnegie rapporte une anecdote du docteur Peale. Celui-ci se trouvait un jour aux côtés d’un artiste qui allait donner une représentation :
« Vous n’avez pas le trac, n’est-ce pas ? demanda l’artiste au docteur Peale.
« – Mais si, lui répondit le docteur, je suis toujours un peu ému avant de parler devant un public. J’ai un profond respect de l’auditoire, et la crainte de le décevoir me rend un peu nerveux. Pas vous ?
« – Non, déclara l’arrogant artiste, il n’y a pas de raison. le public se laisse toujours prendre. Les gens avalent n’importe quoi.
« – Je ne suis pas de votre avis, renchérit le docteur. Les gens sont nos propres souverains. J’ai un grand respect pour le public. »
Quand le docteur apprit par la suite que la popularité de l’artiste qu’il avait rencontré baissait, il eut la certitude que cela était lié à son attitude : il se rendait déplaisant et ne cherchait pas à gagner la sympathie des auditeurs.

N’essayez donc pas de faire disparaître votre trac (ce n’est de toute façon pas possible) mais tentez simplement l’apprivoiser, en vous y confrontant régulièrement et directement, et vous en ferez votre meilleur allié. En guise de conclusion, terminons sur ce bon mot de Sarah Bernhardt à une jeune comédienne ayant déclaré qu’elle avait déjà joué plusieurs fois et qu’elle n’avait même plus de trac :

« Ne vous en faites pas, le trac, cela viendra avec le talent… »

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4 techniques de Radio Training : parler au micro, poser sa voix, trouver ses mots, répondre à un journaliste ou à des contradicteurs

La radio est un média particulier. A l’ère du tout visuel, où l’apparence physique tend le plus souvent à compter davantage que ce que l’on dit, la radio permet de se recentrer sur la voix, sur la parole, sur le langage.

C’est un média qui peut difficilement miser sur le spectaculaire. Contre le choc des images, on en revient au poids des mots. A la différence de la télévision, qui peut se contenter de divertir et surprendre, La radio doit intéresser son public.

Pour toutes ces raisons, préparer une intervention radio est à la fois délicat et stimulant. Voici 4 conseils si vous êtes amenés à intervenir sur les ondes :

1 – Posture et placement

La position et la posture du corps sont déterminantes lorsqu’on parle dans un micro, surtout s’il s’agit d’un micro fixe comme dans la plupart des studios d’enregistrement radio.

Pour avoir une voix forte et claire, se tenir bien droit afin de ne pas « casser » sa colonne d’air. Les pieds à plat sur le sol, légèrement écartés, les mains posées sur la table ou sur les cuisses, le buste et le port de tête à la verticale. Trouvez une position confortable sans vous affaler dans le siège (en arrière) ni vous étaler sur la table (en avant).

Se mettre bien en face du micro, et le maintenir à une distance raisonnable de la bouche, ni trop loin ni trop près. Si on se met à trop bouger, à se rapprocher puis s’éloigner brusquement ou encore tourner la tête alors qu’on est en train de parler, cela risque de créer des variations de volume importantes et des modulations non maîtrisées : désagréables à l’écoute, elles parasiteront votre message. Il est parfois préférable de parler exclusivement en direction du micro plutôt que vers les personnes auxquelles on est sensé s’adresser (journaliste, autres invités…).

Attention, même s’il s’agit d’une émission de radio, les petites caméras se multiplient et se glissent désormais partout. Vous devez donc aussi penser à votre image et au langage de votre corps. Par ailleurs, faites-vous à l’idée que l’on vous écoute et que l’on vous observe en permanence : ne vous relâchez pas, et soyez prudent avec les OFF !

2 – Ne pas se précipiter

En situation de stress, nous avons tendance à nous exciter, à nous précipiter, à parler plus vite que d’habitude. Il est d’autant plus important de poser sa voix à la radio. Pour cela, ne cherchez pas à en dire le plus possible le plus rapidement possible. N’essayez pas d’être exhaustif : concentrez-vous sur quelques messages clefs et prenez votre temps. Comme toujours, c’est la règle du KISS : il faut mieux dire moins mais dire mieux. Le but n’est pas de tout dire mais de donner envie d’en savoir plus. Les auditeurs intéressés pourront toujours aller sur un site internet que vous recommandez.

Voici une technique pour ceux qui ont tendance à bafouiller, à dire « heu » un peu tout le temps ou à trouver les « blancs » gênants : utilisez le silence comme une parole. Évitez de répondre du tac-au-tac mais donnez-vous toujours une petite seconde avant de réagir. De même, ponctuez vos interventions de quelques brefs silences. Ainsi, lorsque vous hésiterez vraiment, personne ne s’en rendra compte et tout le monde pensera que c’est votre « style » normal (tandis que si vous parlez très vite dès le début sans jamais vous arrêter, chaque arrêt qui se produira par la suite sera interprété comme la marque d’une hésitation ou d’un trou de mémoire…).

Ralentissez le débit mais ne négligez pas les modulations : pour mettre en valeur certains passages, mots ou formules, parlez tantôt avec une voix un peu plus grave, tantôt un peu plus aiguë ! Une voix monotone est l’une des pires choses à la radio… sauf peut-être pour s’endormir le soir…

Utile à faire pour s’échauffer : quelques exercices d’articulation. A l’écart, répétez une série de formules du type : « J’exige d’exquises excuses », « Un chasseur sachant chasser sans son chien », « Un banc peint blanc plein de pain blanc… », etc. Vous gagnerez en clarté dans la diction, et cela vous permettra d’éviter que votre langue ne fourche trop facilement.

3 – Être clair sur ses objectifs et la raison de sa présence

Pourquoi êtes-vous là ? Pourquoi est-ce vous qu’on a invité pour intervenir sur ce sujet ? En quoi êtes-vous légitime ? Quel message voulez-vous faire passer ?

Posez-vous les bonnes questions pour préparer au mieux votre intervention. Essayez avant tout de comprendre le rôle que l’on veut vous faire jouer : celui de l’expert, de la victime, du témoin, de l’institution… ? Refusez le mauvais rôle, et réagissez immédiatement si le journaliste essaye de vous faire dire ce que vous n’avez pas dit.

Cependant, ne vous trompez pas de cible : le journaliste n’est pas votre ennemi. Il ne cherche pas forcément à vous piéger. Ne vous mettez pas vous-même dans le rôle du persécuté, de la victime ou de l’incompris ! Ce n’est pas le journaliste que vous devez convaincre, ce n’est pas (seulement) à lui que vous devez transmettre votre message mais à tous les auditeurs que vous touchez à travers lui : évitez donc de vous braquer si l’interview ne se passe pas comme vous voulez, restez courtois, affable, et conservez ainsi la sympathie du public.

4 – S’exprimer avec aisance

La base d’une bonne intervention reste toujours la maîtrise du sujet abordé. Ne vous engagez pas sur ce que vous ne connaissez pas, n’essayez jamais de faire illusion. Dans le pire des cas, reconnaissez vos lacunes et préférez dire que vous ne savez pas, plutôt que de vous retrouver vous-même piégé…

Maîtriser un sujet ne veut pas dire être trop technique. Efforcez-vous au contraire de vulgariser au maximum : utilisez des comparaisons, des métaphores, des images et des exemples concrets. Faites appel à l’émotionnel, développez votre storytelling. Rappelez-vous que vous ne vous adressez pas forcément à un panel d’experts et de spécialistes, mais à un auditoire très large !

Préparer une intervention ne doit pas consister à la rédiger intégralement, à la virgule près ! Au contraire, évitez le plus possible de vous plonger dans vos notes. A moins qu’il ne s’agisse d’un communiqué ou d’une déclaration, ne lisez pas au micro. Il est préférable d’avoir une expression peut-être un peu hésitante mais naturelle et spontanée plutôt que d’entendre quelqu’un lire ou réciter par coeur son texte.

N’oubliez pas de vous présenter au début de votre intervention (si vous estimez que le journaliste ne l’a pas fait convenablement, ou de façon pas assez « objective »), de saluer les auditeurs, ainsi que remercier en début et fin d’émission. Terminez si possible par un appel à l’action : « rendez-vous sur tel site internet », « réunion/manifestation tel jour à telle heure », etc.

Bien sûr, ces conseils s’appliquent aussi bien pour tout type d’interview, d’entretien et de discussion. Mais ils sont d’autant plus décisif dans le cadre d’un passage radio. Les conseils sur la posture et la voix vous serviront aussi dans la réalisation d’un podcast, et plus généralement chaque fois qu’il vous faudra utiliser du matériel microphonique.

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Marquez les esprits grâce à la technique de la photo mentale

Je l’ai déjà dit plusieurs fois sur ce site, et je le répète à chaque fois que j’anime un séminaire de formation en communication :

Quel que soit le sujet dont vous devez parler, appuyez-vous sur du concret !

C’est un principe fondamental de la rhétorique et la base même du storytelling : si vous voulez captiver votre public, capter l’attention d’un interlocuteur, vous devez utiliser un langage imagé. Notre cerveau ne stocke pas les mots, mais les images qui y sont associées. Évitez donc les idées trop abstraites, et parlez plutôt de choses réelles, physiques, matérielles, « palpables »…

Je vais vous révéler une technique très efficace pour transformer vos idées abstraites en choses concrètes. Mais tout d’abord, pour bien montrer l’impact d’un langage imagé, voici un petit exercice que je fait souvent faire en formation. J’invite trois volontaires à me rejoindre sur scène, et je leur donne à chacun une consigne particulière :

  • Je demande au premier de nous parler d’un article qu’il a lu dans une revue ;
  • Au deuxième, de nous parler de son livre préféré ;
  • Au troisième, de parler d’une publicité récemment vue à la télé.

Chacun a 1 à 2 minutes pour s’exprimer, selon son inspiration. Puis les autres participants sont invités à voter pour l’intervention qui les a le plus marqués… Vous avez une petite idée du résultat ?

C’est quasiment la même chose à chaque fois. Celui qui parle de l’article se place d’emblée à un certain niveau d’abstraction et perd donc assez vite l’attention du public. En effet, les articles d’un grand nombre de revues traitent généralement d’idées abstraites, philosophiques ou politiques (essayez de transmettre un concept de « justice » sans donner aucun exemple, vous comprendrez mieux la difficulté).

Les livres qui nous plaisent, par contre, sont souvent des romans faisant appel à notre imagination (science fiction, polard, aventure…). Mais les grandes descriptions littéraires sont difficiles à retranscrire à l’oral de façon spontanée. Celui qui parle de son livre de chevet capte donc mieux l’attention du public, mais pas autant qu’il le pourrait…

Quant à la pub tv, c’est toujours elle qui a le plus de succès ! Car celui qui en parle peut décrire des images qu’il connait bien : il les a réellement vues, et se contente de dérouler le film dans sa tête. Il utilise alors des mots qui permettent au public de visualiser son message.

Voici donc un secret pour faire des interventions plus percutantes, capter l’attention et marquer les esprits :

Remplacez l’abstrait par le concret. Associez à chaque concept ou idée une image qui parle d’elle-même. Même les concepts les plus abstraits peuvent être matérialisés ou incarnés. C’est pourquoi les hommes ont créé les symboles, les emblèmes…

On retient plus facilement les images, que les mots qui y sont associés…

Et voici justement ma technique pour transformer facilement chaque abstraction en chose concrète : la technique de la photo mentale.

Choisissez un mot, quel qu’il soit, et essayez de le « prendre en photo ». Si le mot est « table », visualisez mentalement une table et appliquez-vous à la décrire dans les moindres détails. S’agit-il d’une table en bois, en plastique, en métal ? Qu’y a-t-il dessus ? De quelle couleur est la nappe ? Jouez avec cette image mentale comme avec un appareil photo : faites un zoom, dézoomez, mettez le flash ou passez en mode paysage, etc.

A vrai dire, à l’évocation de certains mots, tout le monde fait une photo en visualisant aussitôt. Si je vous dis « diamant », vous pouvez clairement voir apparaître dans votre esprit l’image d’un bijou, d’une pierre précieuse… Mais que se passe-t-il pour d’autres mots plus abstraits (tels que le mot « justice » évoqué plus haut) ?

Comment prendre en photo des mots tels que « bonheur », « richesse », « douleur », « vie », « éternité » ? La technique consiste précisément à les remplacer par des choses que vous pouvez photographier : objets, personnes, animaux, lieux ou monuments… Et n’ayez pas peur des clichés ! Exemples : un coffre rempli de pièces d’or pour la richesse, des visages d’enfants heureux pour le bonheur, la main fripée d’un bébé pour la vie

Si vous devez intervenir sur un sujet, notez sur une feuille tous les mots qui vous viennent à l’esprit (en rapport avec le sujet) puis faites une « photo mentale » pour chacun. Lorsque vous aborderez le sujet, visualisez ces photos et décrivez-les :
« Imaginez un nouveau-né dans son landau, si fragile et pourtant si confiant, apaisé, et souriant… »
« Imaginez une pile de dix lingots d’or de plusieurs kilos chacun, brillant de mille feux comme tout autant de petits soleils… »

Détaillez la description, faites des comparaisons. Cela donnera immédiatement plus de sens à vos paroles, plus de corps, vous capterez mieux l’attention de vos interlocuteurs et ils retiendront plus facilement ce que vous avez voulu leur dire.

Si vous devez défendre une idée, promouvoir un projet ou vendre un produit, allez plus loin et imaginez carrément un clip publicitaire en entier. Non seulement vous aurez les images, mais en plus vous les assemblerez de manière à construire un petit scénario – et cela captivera d’autant plus votre public qu’il voudra savoir la fin de l’histoire (un autre principe du storytelling).

En pratiquant régulièrement cette technique de la photo mentale, vous développerez votre imagination, vous améliorerez votre communication et augmenterez votre pouvoir de persuasion. Vous rendrez vos interventions plus vivantes et on se souviendra longtemps de vous !

Et maintenant, un petit exercice : quelles sont vos photos mentales pour représenter… L’éternité ? L’espoir ? La force ? La beauté ?

C.C. Crédits photo : Parker Knight

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O-BA-MA ou la magie du rythme ternaire

Le chiffre 3 est un chiffre magique… Toutes les formules marquantes respectent la règle de trois. Pensez aux slogans, aux devises : « Liberté Egalité Fraternité » ! « Du pain, du vin, du boursin » ! « Veni, Vidi, Vici » (paroles célèbres de César : je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu) !

Pensez également aux noms de marques célèbres : Oréo, Nutella, Activia… Dans l’alimentaire ou dans d’autres domaines, les marques les plus connues ont trois syllabes à chaque fois. Regardez les logos : la plupart ont trois couleurs, ou sont composés à partir de trois éléments graphiques.

Le rythme ternaire résonne en nous d’une façon toute particulière. L’adjectif « ternaire » signifie simplement que ce dont on parle est composé de trois éléments, de trois unités. En musique, une mesure ou un rythme ternaire désigne un rythme à trois temps et correspond plus globalement à tous les rythmes basés sur des multiples de 3 (3, 6, 9). Le rythme ternaire est très souvent pour ne pas dire quasiment tout le temps utilisé dans le Blues ou dans le Jazz…

La plupart des chansons et comptines de notre enfance étaient basées sur ce rythme : « 1, 2, 3, nous irons au bois, 4, 5, 6, cueillir des cerises… » Le rythme ternaire a donc une dimension mélodique. Un nom ou un slogan basé sur la règle de trois à quelque chose de « chantant ». En cela il est bien mieux retenu, et pénètre profondément dans l’esprit du public.

C’est aussi un repère structurant. Vous vous souvenez de nos leçons de géométrie quand nous étions petits ? Il faut au moins trois points pour déterminer un plan fixe. Imaginez une table : elle tient généralement sur quatre pieds. Vous pouvez en enlever un, elle tiendra encore très bien. Mais s’il n’en reste plus que deux, elle tombera d’un côté ou de l’autre. Et un seul, elle est totalement instable.

Dans un discours, c’est la même chose. Il faut au moins trois arguments ou « idées-force » pour convaincre efficacement. Un ou deux, c’est trop peu. Plus de cinq, et c’est trop – c’est même contre-productif, car en bombardant le public d’informations, celui-ci risque de saturer et, au final, ne rien retenir du tout…

Tous les grands orateurs maîtrisent la règle de trois. L’immense majorité des présentations de Steve Jobs, par exemple, sont structurées en trois temps. Obama applique cette règle à la perfection dans nombre de ses discours, en annonçant successivement trois propositions avant de les développer. Son fameux slogan lors de sa campagne de 2008 était construit sur ce principe : « YES-WE-CAN » ! Son nom même se divise en trois syllabes claires et distinctes, comme une marque à succès, O-BA-MA !

Pour vos exposés, préférez un plan en trois parties. Si vous voulez faire des listes, faites des listes de trois points. Pour raconter une histoire, organisez-la en trois moments clefs : situation initiale – intrigue – dénouement !

L’auteur londonien David Crystal, spécialiste du langage, explique bien le principe et l’usage de cette fameuse « règle de trois » dans cet extrait du documentaire Le Pouvoir des mots, (diffusé le 29 mars 2012 sur TV5) que je vous invite à visionner ci-dessous :

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Technique de déstabilisation : la triple négation

La triple négation est une technique que Benjamin Lancar maîtrise si bien qu’il faudrait dire de ceux qui l’ont subi qu’ils se sont fait « lancariser »…

Je vais vous expliquer cette technique en détail. C’est à l’occasion d’une grande conférence-débat organisée il y a bientôt deux ans par l’association GEM En Débat que j’ai pu en voir la meilleure application :

Le 21 avril 2010, GEM En Débat recevait les représentants des mouvements jeunes des principaux partis politiques, à savoir Laurianne Deniaud (Présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes, PS), Franck Faveur (Président des Jeunes Démocrates, MoDem), et Benjamin Lancar (Président des Jeunes Populaires, UMP).

Le débat s’est vite polarisé entre la militante de gauche et celui de droite – le centriste se retrouvant de fait pris en étau, peinant à affirmer une « troisième voix ». Laurianne Deniaud semblait en bonne position, laissant peu parler son adversaire direct Banjamin Lancar, quand celui-ci lui balança en pleine face, accrochez-vous :

« C’est pas parce qu’on est jeune qu’on n’a pas le droit de pas dire n’importe quoi ! »

Ouch ! Voilà le genre de phrase qu’on a besoin de relire une ou deux fois pour être sûr de bien comprendre. Qu’a-t-il voulu dire exactement ? En mathématique, multiplier deux nombres négatifs = un nombre positif. En français, la double négation présente autrement plus d’ambiguïté… Mais là, il s’agit carrément d’une triple négation !

Traduction possible par l’affirmative : « bien qu’étant jeunes, nous pouvons nous efforcer de formuler des idées sensées ». C’est déjà plus clair. Et ça n’a bien évidemment pas le même impact…

Car le but recherché, en lâchant une formule aussi tarabiscotée, est bien de déstabiliser son adversaire. Troublé, celui-ci essaiera de décoder ce qui vient d’être dit, d’en trouver le sens : autant de millisecondes d’hésitation qui suffisent pour le casser dans son élan et reprendre la main. Benjamin Lancar a su profiter de ce léger temps d’arrêt provoqué chez sa rivale pour aussitôt embrayer sur ses idées et ses projets. Et au final, de l’avis de l’immense majorité du public, c’est lui qui sortit vainqueur du débat.

Un débat public entre deux personnalités politiques n’est pas un débat comme les autres. Il ne s’agit pas de convaincre son interlocuteur, ni même de négocier avec lui un quelconque accord, mais de lui tenir tête. C’est un jeu de postures où chacun s’efforce de maintenir sa position coûte que coûte, et tente d’affaiblir celle de l’autre par tous les moyens (sans en venir aux mains).

Chaque débatteur a donc intérêt à occuper le plus grand temps de parole possible, et cela tant pour avancer ses propres arguments que pour empêcher l’adversaire de développer complètement les siens. D’où l’importance des techniques de déstabilisation, pour interrompre l’autre et reprendre la parole

Il est toujours difficile et délicat de couper la parole d’un interlocuteur quand celui-ci est vraiment lancé. Si son rythme est fluide et son débit rapide, cela sera mal perçu et pourra se retourner contre le malotru. C’est pourquoi il est préférable, pour couper la parole, de guetter le moindre silence, la moindre hésitation, comme une faille dans laquelle s’engouffrer. Mais ce n’est pas assez. Car il ne s’agit pas seulement d’obliger l’autre à s’arrêter… Encore faut-il briser le fil de ses idées.

Quand vous coupez votre adversaire, évitez donc de vous lancer immédiatement dans une grande tirade en réaction directe à ce qu’il vient de dire. Préférez une première formule troublante et percutante qui obligera vraiment votre adversaire à désarmer, en le plongeant dans un abîme de réflexion. La triple négation de Lancar ou « lancarisation » ;-) peut bien sûr être déclinée à l’infini :

« C’est pas parce qu’on est démocrate qu’on a pas le droit de pas dire n’importe quoi ! »

« C’est pas parce qu’on est en France qu’on a pas le droit de pas dire n’importe quoi ! »

Vous pouvez même tenter une quadruple négation :

« C’est pas parce qu’on n’est pas de droite / de gauche qu’on n’a pas le droit de pas dire n’importe quoi ! »

…Complexifiez à loisir :

« Ce n’est pas parce qu’on n’a pas dit qu’on n’était pas de gauche / de droite / centriste / martien / … qu’on n’a pas le droit de ne pas défendre n’importe quelle ineptie… » (5 nég’ !)

D’ici que votre adversaire comprenne ce que vous avez voulu dire, ou ne pas dire, ou ne pas dire de dire de ne pas dire… Vous aurez largement développé vos idées et repris la main !

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La peur d’être jugé en tant que personne

Parmi les différentes causes du trac, la peur d’être jugé en tant que personne dépend directement de l’image que l’on a de soi. Elle ressemble à la peur de l’incompétence mais concerne davantage ce que l’on est, et non ce que l’on représente.

C’est la peur d’entendre les gens se moquer de vous, vous huer, déclarer que « vous êtes nul », qu’ils « ne vous aiment pas »…

Ce sont des attaques directes et violentes que tout le monde redoute. Le paradoxe est qu’elles ne sont bien souvent dirigées qu’envers ceux qui semblent incapables de les encaisser : laisser entrevoir la moindre faille incite n’importe qui à s’y engouffrer…

Le problème n’est donc pas entre soi et le public, entre soi et les autres, mais entre soi et soi-même.

Vous devez vous accepter tel que vous êtes, et comprendre que si vous devez faire une intervention à l’oral, ce qui compte par-dessus tout est votre façon de présenter le sujet, et non votre physique, votre apparence ou votre image, ni même vos titres ou votre statut social. C’est votre véritable personnalité qui se révélera à travers votre intervention, et qui plaira au public autant que le sujet vous plait. (c’est pourquoi vous devez toujours intervenir sur un sujet qui vous passionne ; si le sujet ne vous plait vraiment pas, n’y allez pas !)

Vous n’avez aucune raison d’avoir peur.

Les autres, dont le regard vous trouble, seront en réalité pour la plupart admiratifs de vous voir oser librement vous exprimer. Dans une situation similaire, ils éprouveraient le même trac que vous, si ce n’est plus. Les tentatives de certains pour vous gêner ou vous intimider ne sont donc bien souvent que la marque de leur jalousie, leur vaine façon d’exister publiquement eux-aussi…

Prenez-le avec ironie, et savourez le plaisir de parler de ce que vous aimez !

Avant une intervention, rappelez-vous pourquoi ce que vous faites est si important à vos yeux, quel est le sens profond de vos passions, et pourquoi vous devez en parler. Cette conviction, cette volonté, cette force qui semble relever de la nécessité vous fera franchir tous les obstacles, à commencer par vos peurs, absurdes et irraisonnées.

N’oubliez jamais que vous êtes vous-même la clef de votre propre succès.

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Qu’est-ce que le Media Training ? Pour qui, et pour quoi ?

Quiconque s’intéresse à la communication, à la notion d’image publique et au coaching de dirigeants (entreprise, politique…) a probablement déjà entendu parler de media training. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Est-ce uniquement réservé aux « dirigeants » ? Qui peut faire du media training, et dans quel but ?

Le media training, ou « formation aux médias », se résume souvent à s’entraîner à parler devant une caméra… Le fait d’être filmé pendant vos interventions vous permet de découvrir en suivant votre image à l’écran. Il est ainsi possible d’analyser votre comportement et de tester vos réactions face à l’objectif – afin d’identifier les signes de trac et de nervosité, de développer les bons réflexes, de mieux maîtriser votre image et contrôler votre communication dans tout type de contexte (à ce sujet, lire l’article : Soigner le trac).

A vrai dire, nous avons déjà tous l’habitude d’être filmés ou photographiés lors d’événements entre amis ou en famille. Nous sommes habitués à une certaine image de nous-mêmes, que nous pouvons donner volontairement ou involontairement. Mais il s’agit toujours d’un contexte favorable, plutôt cordial, détendu voire carrément décontracté. Quelle image donnons-nous lorsque nous devons intervenir pour défendre une cause, diffuser un message spécifique ou répondre à des attaques ? Faire face à des journalistes, passer à la télé ? C’est à ce type de situations que s’intéresse plus particulièrement le media training.

Le media training a donc pour but de vous mettre dans une situation où vous devez faire autorité : bien souvent vous n’intervenez pas en votre nom propre mais en tant que représentant d’un mouvement, d’un organisme, d’une institution ou d’une fonction… Vous parlez au nom d’autres personnes. Vous vous engagez. C’est pourquoi l’image que vous devez renvoyer doit être la plus nette possible, à la fois professionnelle et sympathique, adaptée à ce qu’attend votre public, sans fausse note.

En retour, lors d’une intervention médiatique, vous devrez bien souvent faire face à un journaliste, qui lui aussi fait figure d’autorité. Dans notre société les médias représentent une forme de « quatrième pouvoir », et beaucoup s’affirment comme de véritables prescripteurs de la pensée. Les présentateurs TV ont un pouvoir disproportionné, essentiellement basé sur leur notoriété : ils s’invitent chaque soir dans tous les foyers et sont connus de tout le monde ! C’est pourquoi répondre aux questions d’un journaliste peut se révéler très intimidant pour qui n’y est pas préparé, et ce quel que soit le titre, le statut ou la position sociale de la personne interviewée…

D’une certaine façon, le media training est évidemment très utile pour les personnes amenées de par leur métier à s’exprimer à la télé (toutefois, pensez aussi au radio training), et donc concerne en priorité les dirigeants d’entreprise, les responsables d’associations, les personnalités politiques… Toutefois, tout le monde peut en bénéficier, pour apprendre à mieux se connaître et améliorer sa communication. C’est un outil très puissant pour obtenir des progrès rapidement, en se confrontant directement avec l’image que l’on renvoie.

Plusieurs organismes offrent des formations de qualité en media training. On ne présente plus Cegos, Publicis ou Comundi. Il y a également les formations du CFPJ, le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes. Face a ces mastodontes de la formation professionnelle, mentionnons le label confidentiel Othello qui révolutionne le media training avec sa technologie de pointe HEXAGONE, un logiciel permettant une analyse détaillée a la micro-seconde des expressions faciales et des intonations vocales.

En fonction de la personne coachée, de ses besoins et des événements auxquelles elle doit se préparer, le media training peut prendre plusieurs formes. S’agit-il d’une interview, d’un débat contradictoire, ou d’une intervention libre ? Des invités pourront-ils réagir ? Le contexte est-il plutôt favorable ou défavorable ? Parle-t-on de communication de crise ou d’influence ? Etc. On peut recenser 4 grandes formes générales de media training : a vous d’identifier laquelle vous convient le mieux en vue de vos objectifs spécifiques ! Lire l’article suivant : Les 4 grands formats de media training

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