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Une cause du trac : la peur de l’incompétence

La peur de l’incompétence est l’une des causes possibles du trac. Très fréquente lorsqu’il s’agit de s’exposer publiquement, elle se traduit automatiquement par un manque d’assurance :

Elle survient chez celui qui ne se sent pas « à la hauteur » en termes d’importance ou de statut. Celui qui, par exemple, n’a pas le niveau universitaire, le diplôme ou les titres nécessaires pour être « officiellement » reconnu comme spécialiste d’un domaine ou d’un sujet en particulier. Cela peut aussi être lié au simple intitulé d’une fonction, jugé pas très glorieux.

Imaginez : on vous propose d’intervenir sur un sujet particulier, de donner une conférence, de présenter un exposé… Le sujet vous plait, mais vous vous demandez : qui sera là pour m’écouter ? Comment va-t-on me juger ? Que vont penser mes supérieurs, ces professeurs, cette personnalité ? Et si un spécialiste qui connaît mieux le sujet que moi se trouve dans le public ? Qui suis-je pour parler de ce sujet ? Comment vais-je être présenté ? Qu’est-ce que je représente ? Qu’est-ce qui fonde ma légitimité ? Est-ce que je suis vraiment à la hauteur ?

Mais que signifie « être à la hauteur » ? « Hauteur » de quoi exactement ? Et par rapport à quoi ? En réalité, n’importe qui peut s’inventer n’importe quel titre ronflant, ou valider n’importe quel diplôme ou n’importe quel brevet pourvu qu’il en paye le prix dans tel ou tel institut privé…

Les Français sont malades du culte des diplômes, du culte des grandes écoles et de la reconnaissance universitaire. Il faudra bientôt un Bac+9 pour servir des burgers dans un MacDo ! Dans de nombreux autres pays, aux USA par exemple, la question principale posée lors d’un entretien d’embauche n’est pas « quels sont vos diplômes ? » mais : « que savez-vous vraiment faire ? »

Nous développons souvent nos véritables compétences en dehors du système scolaire ou universitaire. L’originalité – ou, pour le dire autrement : le génie de chacun – est précisément ce qui échappe aux cadres conventionnels, qui étouffent l’expression de l’individualité. Pour suivre ses passions, il faut emprunter d’autres chemins, en défricher de nouveaux… Et c’est la dimension personnelle de cet accomplissement qui en fait toute la valeur.

C’est parce que vous oserez aller au bout de vos idées à vous que vous aurez toutes les raisons et tous les droits de les clamer haut et fort, et que d’autres vous écouteront avec attention.

Dans notre société technocratique, la parole semble réservée à une certaine élite, aux « experts » techniques en tout genre, aux « intellectuels » bardés de diplômes, aux universitaires… Comme si eux seuls pouvaient s’exprimer sur tous les sujets.

Pourtant, nous avons tous constaté que d’honorables autodidactes, authentiques passionnés qui n’ont pas suivi le parcours académique consacré, ont malgré tout su développer une approche personnelle de tel ou tel sujet, ce qui en fait justement tout l’intérêt.

De même, si c’est vous qui avez été sollicité pour une intervention, c’est parce que c’est votre façon de voir les choses qui importe, votre manière de les présenter, et non le diplôme ou le brevet qui vous donnerait le droit de vous exprimer sur le sujet.

Ne doutez pas de votre légitimité : le seul fait d’être le conférencier vous place en situation d’autorité.

Assumez cette autorité et prouvez que vous la méritez en traitant au mieux votre sujet, sans vous soucier de quoi que ce soit d’autre !

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Je craque ! 13 bonnes raisons de laisser tomber PowerPoint

Arggggggh!!! Les présentations PowerPoint, je craaaquuue!!!

Une bonne résolution pour cette année ? Mettre PowerPoint au placard ! A moins de savoir parfaitement l’utiliser… Mais comme c’est trop peu souvent le cas, oublier les « slides » et réveiller l’orateur qui est en chacun de nous. Devant PowerPoint nous ne sommes plus de véritable orateurs, mais bien souvent de simples lecteurs. L’humain s’écrase face à la technologie, s’oublie devant le numérique, et les présentations sont toujours moins vivantes, chaque fois moins vibrantes

Pour faire vibrer son public, il faut vibrer soi-même ! Et oser se livrer tout entier, sans artifice, sans subterfuge, dans une parole directe, libre et authentique. Voici donc 13 raisons de mettre PowerPoint de côté cette année :

1 – Parce que tout le monde s’y attend. En effet, plus aucune réunion ne semble envisageable sans PowerPoint. Qui doit présenter un projet se doit de le faire à travers sa série de slides. Au début PowerPoint était une vraie nouveauté et permettait de faire preuve de créativité. Connecter sa clef usb, trouver le bon fichier, baisser les lumières et faire défiler : c’est devenu la routine. Si vous voulez marquer votre public, le surprendre : annoncez d’emblée que vous n’avez pas de PowerPoint (ou tout autre système nécessitant une projection) ! Quelqu’un qui se pointe sans support visuel, ça a le mérite d’intriguer : comment va-t-il s’y prendre ? Qu’a-t-il à raconter ? Venez… sans rien. Mais donnez-vous tout entier. Marquez votre différence, affirmez votre personnalité, soyez là où l’on ne vous attend pas.

2 – Parce qu’il y a toujours des problèmes de connexion, ou en tout cas très souvent. Bien que la plupart des salles de réunion sont équipées d’un système de projection, beaucoup d’autres ne le sont pas. Fallait-il amener son ordinateur ? Est-ce qu’il y a une rallonge ? Pourquoi ma clef usb ne fonctionne pas ? Fallait-il passer par une station blanche ? Pourquoi ce fichier ne s’ouvre pas, ne s’affiche pas, n’est pas pris en charge… ? Sans compter tous les bugs et coupures de courant qui pourront survenir inopinément.

3 – Parce qu’il faut plonger la salle dans le noir si tout le monde veut bien voir. Comme le point précédent, cela demande un contrôle efficient de son environnement : toutes les fenêtres peuvent-elles se fermer ? Ne fera-t-il pas trop chaud (si l’on est en été par exemple) ? Les volets ou rideaux sont-ils suffisamment opaques ? Malgré toutes ces précautions, il suffit qu’un petit rayon de lumière filtre au travers pour gêner l’affichage et la lecture du public, ce dernier ne manquant pas de se plaindre… Or, ce devrait être à l’orateur de s’adapter à son environnement, et non à l’environnement d’être modifié simplement pour se servir de PowerPoint.

4 – Parce que vous détournerez le regard du public. Tout d’abord, la mise en place du PowerPoint et de la salle nécessitera toute votre attention – alors que vous devriez accorder exclusivement votre attention à votre public : il est important d’établir un fort contact visuel avec le public dès les premières secondes d’une intervention. Ensuite, une fois le PowerPoint correctement lancé et la salle suffisamment plongée dans l’obscurité, ces éléments continueront de capter votre attention : vérifier que tout fonctionne bien, manipuler les commandes pour faire défiler les slides, regarder les slides… Dans l’idéal, il faut connaître sa présentation par cœur, un peu comme un présentateur météo et ne jamais tourner la tête vers les slides mais toujours maintenir le contact visuel avec le public !

5 – Parce que le public détournera son regard de vous. Et, à vrai dire, c’est peut-être ce que certains cherchent inconsciemment. En faisant du PowerPoint l’essentiel d’une présentation, le public se focalise sur les slides et ne nous dévisage plus. Le regard est capté par la lumière, la projection occupe la partie centrale du mur principale de la salle et on reste sur le côté, dans l’obscurité, un peu caché… Du coup on refuse le vrai rôle d’orateur qui nous incombe, alors qu’on devrait soi-même se mettre en scène.

6 – Parce qu’on lit toujours trop ses notes. Se passer complétement de notes écrites est la marque des orateurs de talent. A défaut de notes écrites sur du papier, la tentation est grande d’utiliser PowerPoint comme des notes, et de se reposer dessus slide après slide. Mais personne n’est dupe ! Et tout le monde voit bien que l’orateur lit ses slides, qu’il est incapable d’en décoller, qu’il avance à leur rythme et se permet peu de digressions voire aucune : il est prisonnier des slides, et n’offre pas à ses auditeurs la parole libre qu’ils attendent. J’ai déjà vu un professeur projeter un PowerPoint sur lequel son discours était intégralement rédigé, à la virgule près… même les (fausses) hésitations ! Le public a fini par en rire, mais pas dans le bon sens. PowerPoint a transformé les orateurs en lecteurs. Il faut réapprendre à se passer de toute note et de tout support, et simplement parler et se mettre soi-même en scène, occuper l’espace non par la projection d’images vidéos mais par la puissance de sa voix et les mouvements de son corps !

7 – Parce que le public attend de télécharger le PowerPoint. Si vous distribuez des documents pendant votre intervention, vous verrez que tout le monde va se concentrer dessus et commencer à les lire, à tourner les pages, et, bref, à écouter avec beaucoup moins d’attention ce que vous êtes en train de dire. Pour éviter cela, attendez la fin pour la distribution ! Mais si vous commencez d’emblée avec un PowerPoint présentant avec précision chacune de vos parties et sous-parties de votre exposé, la question va vite se poser : « On pourra prendre la copie sur clef usb ? » Du coup, le public relâche son attention, est plus distrait, moins impliqué, avec la certitude sereine qu’il pourra de toute façon tout récupérer à la fin sur clef usb, et prendre le temps une fois chez lui de revenir sur les points importants et regarder en détail ce qui mérite de l’être (ce qu’il ne fera d’ailleurs presque jamais…). En n’utilisant pas PowerPoint, vous obligez en quelque sorte le public à se concentrer sur que vous dites, vous favorisez une bien meilleure attention de sa part.

8 – Parce que les slides sont mal construits. Je parle d’expérience : à ce jour, j’ai assisté à – ou plutôt j’ai subi – un peu plus d’un millier de présentation PowerPoint (ce n’est pas tant que ça à vrai dire, ça fait environ 3 présentations par jour pendant un an…). Sur ce millier de présentations PowerPoint, seules DEUX ont vraiment retenu mon attention et ont également plu à l’ensemble du public. Toutes les autres étaient vraiment mal fichues et cumulaient toutes les erreurs classiques avec PowerPoint : slides surchargés d’informations, illisibles, schémas incompréhensibles, animations ringardes… Pour éviter un flop avec PowerPoint, autant ne pas utiliser du tout PowerPoint ! Ou prendre le temps de maîtriser les subtilités de cet art à part entière avec des artistes du genre, comme sur SimpleSlide par exemple ! Vous trouverez également de très bons conseils dans le bouquin de Garr Reynolds Présentation Zen et celui de Nancy Duart Slide:ologie.

9 – Parce que les slides formatent notre pensée. A vouloir faire rentrer toutes nos idées dans des petits slides bien organisés, on finit par en détruire une partie, et à remodeler ce qui reste. De la même manière que les plans-types au lycée et à l’université (en deux ou trois parties et tout autant de sous-parties) conditionnaient notre expression et notre réflexion, PowerPoint façonne un mode de pensée duquel nous finissons par être prisonniers. Certaines idées ne retiennent plus notre attention simplement parce que nous ne voyons pas comment les intégrer dans certains slides. PowerPoint fait des ravages, lire à ce sujet l’ouvrage de Franck Frommer : La pensée PowerPoint – Enquête sur ce logiciel qui rend stupide. Voir aussi Stop au PowerPoint ! Réapprenez à penser et à présenter de Nicolas Berreti.

10 – Parce qu’il n’y a plus aucune surprise. La succession des images, qui devrait être dynamique, devient souvent lassante et ennuyante. Ce qui caractérise les grands discours, c’est le pouvoir de l’orateur sur son public. C’est lui qui mène la danse. C’est lui qui fixe les repères, donne le ton, pose le rythme. Personne ne regarde sa montre et tout le monde est entraîné dans une sorte de distorsion du temps : un bon discours semble toujours plus court que ce qu’il a véritablement duré ! Comme un bon film ou une pièce de théâtre. Personne ne voit le temps passer. Tandis qu’avec PowerPoint, on peut voir le nombre de slides, et au combien nous en sommes. Le public lassé se met donc à décompter chaque slide, attendant simplement la fin, comme un écolier au regard hagard suivant fébrilement la trotteuse de l’horloge sur le mur de la classe…

11 – Parce que le public devient spectateur passif, alors qu’il devrait être auditeur actif et réactif. Pour toutes les raisons énumérées dans les points précédents, il est clair que le public (autant que l’orateur lui-même !) est beaucoup moins actif lors d’une présentation PowerPoint que lors d’un vrai discours, où l’orateur compose en fonction des réactions du public, qui ne se prive pas de réagir, d’applaudir, de rire ou de crier. Le véritable orateur prend ses libertés avec le texte, improvise, se « lâche », rend son exposé plus vivant, et le public vibre d’autant plus. Avec PowerPoint, l’orateur se cache derrière la projection des slides, il est écrasé, étouffé, et par contrecoup le public attend patiemment, passivement, pur récepteur d’un écran qui s’impose à lui sans aucune interactivité.

12 – Parce que le pouvoir des mots peut encore terrasser le choc des images ! Oui, votre parole peut avoir plus d’effet que toutes les photos que vous avez sélectionnées. Plutôt que les projeter, pourquoi ne pas s’efforcer de les décrire ? Trouver les mots pour amener tout un chacun à les imaginer ? L’impact en sera décuplé, car chacun fera de votre présentation une expérience personnelle, en y mettant du sien, en réveillant cette magie propre à l’esprit enfantin : celle de l’imagination. L’imagination est souvent plus forte que les images. L’imagination est une forme d’action, tandis qu’une image, une fois donnée, ne force qu’une forme d’acception.

13 – Parce que ce n’est pas vraiment utile. Au fond, si vous connaissez vraiment votre sujet, que vous êtes convaincu de l’intérêt d’en parler, que vous avez de bons exemples, de bonnes anecdotes et de bonnes idées, à quoi bon PowerPoint ? Réfléchissez à ce que PowerPoint peut vraiment apporter en plus, et à ce que vous pouvez vous-mêmes apporter sans PowerPoint. L’humain l’emporte encore sur la technologie, et votre force de conviction, votre énergie et l’expression de votre propre vie pulvérise tous les ordis, toutes les images et tous les effets numériques. Soyez vous-même, soyez vivant, refusez le conformisme PowerPoint et parlez librement : au fond, le public n’attend que ça ! Et il vous en sera reconnaissant.

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Pourquoi il faut toujours prévoir de quoi boire… (+ 1 truc de comédien pour ne plus jamais avoir la bouche sèche)

Après quelques conseils sur l’alimentation, parlons un peu de la boisson…

Une bonne hydratation est nécessaire autant au corps qu’à l’esprit. Cela est vrai quel que soit votre domaine d’activité… Et d’autant plus si vous devez intervenir à l’oral ! Voici pourquoi :

1 – Les problèmes d’une bouche sèche

Boire sert tout d’abord à humidifier les lèvres et la bouche. Quand on parle beaucoup, on finit en effet par ne plus avoir de salive. Et de la même façon qu’il faut mettre de l’huile dans les rouages d’une machine pour qu’il n’y ait pas de blocage, boire un peu d’eau est alors nécessaire pour fluidifier la « mécanique buccale ».

Sans eau, la bouche est sèche, ce qui risque d’altérer la diction, en rendant plus difficile l’articulation.

Pire : lorsque la bouche s’assèche, la salive devient de plus en plus pâteuse et peut former des petits pâtés blancs qui viendront se coller sur les lèvres ou à leurs commissures, ou encore faire des fils blanchâtres quand on ouvre la bouche… Répugnant… Tous ceux qui le remarqueront se focaliseront dessus, et plus du tout sur ce que vous avez à dire…

Autre effet fréquent (et tout aussi désagréable) d’une bouche asséchée : la mauvaise haleine.

Voilà pourquoi s’hydrater convenablement est si important, en particulier lors d’événements éprouvants tels qu’une intervention en public, la participation à une conférence, la présentation d’un projet ou tout autre type d’entretien, de réunion ou de confrontation face à un jury…

Il y a d’autres effets auxquels on ne pense pas, et qui peuvent pourtant poser de gros problèmes. Dans la suite de l’article je vous explique ces problèmes en détail et je vous donne des moyens simples pour y faire face (à la fin je vous révèle même un petit truc bien connu des comédiens pour ne jamais avoir la bouche sèche).

2 – L’art de la parole est un sport

On recommande aux sportifs de bien boire avant, pendant et après l’effort. Cela permet de compenser la déshydratation liée à l’activité physique, et de prévenir les risques de crampes et de courbatures.

Comme un sportif, l’orateur a besoin de ses pleines capacités physiques. Il met en scène son corps tout entier et risque lui aussi d’avoir des crampes ou des courbatures. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de faire une présentation debout, statique derrière un pupitre ou en se déplaçant sur toute une scène. Ne vous êtes-vous jamais senti « vidé », physiquement épuisé, après une présentation à l’oral ?

Occuper l’espace, manier des objets, faire de nombreux gestes, s’exprimer avec force et clarté sans s’essouffler, tenir dans la durée : l’art oratoire est un véritable sport d’endurance ! C’est aussi un sport de combat, surtout lorsqu’il s’agit de convaincre, débattre ou négocier…

3 – L’eau ne sert pas qu’au corps

Mais la déshydratation n’affecte pas seulement les muscles : elle perturbe également certaines fonctions cognitives telles que la mémoire à court terme, la concentration et la vigilance.

Or, ces capacités mentales que sont la mémoire et l’attention sont fondamentales pour l’orateur : que ce soit pour se souvenir du fil de son exposé ou des grandes parties d’un discours, retenir des références récentes (faits d’actualité, chiffres de la journée), capter les réactions du public, et réagir à son tour à certains propos, remarques, questions, ou encore chahuts et provocations… Il faut avoir toute sa tête pour être le plus efficace possible dans sa communication. Une bonne hydratation vous permettra de maintenir au mieux vos facultés de mémorisation.

N’attendez pas d’avoir soif pour vous décider à boire ! La sensation de soif indique que l’on est déjà déshydraté…

4 – Ce qu’il faut boire, quand et comment

Pensez à vous hydrater avant, et prévoir de quoi boire pendant l’intervention (si celle-ci doit durer un certain temps) : de l’eau plate, et non de l’eau gazeuse ou des sodas (risque de rots, de flatulences).

Évitez également le café et les produits laitiers. L’alcool est bien sûr à proscrire absolument.

Afin de préserver au mieux vos cordes vocales, comme pour un chanteur, l’idéal est d’avoir une petite bouteille d’eau à température ambiante. Vous pouvez y rajouter une ou deux tranches de citron, si cela ne trouble pas votre digestion : son acidité est un stimulant et procure une meilleure sensation de rafraîchissement.

La petite taille de la bouteille a son importance : une bouteille plus grande est aussi plus lourde et moins élégante à manipuler.

Mieux encore que boire au goulot : se servir d’un verre. Si vous utilisez un lutrin ou autre sorte de pupitre, préparez plusieurs verres d’eau, citronnée ou pas, et rangez-les dessous.

Organisez-vous pour toujours avoir une bouteille ou un verre d’eau à portée de main. Très peu d’orateurs débutants y pensent. Et quand ils s’en rendent compte, c’est parce qu’ils sont assoiffés : il est donc déjà trop tard !

N.B. – Un petit truc de comédien

Si vous n’avez vraiment rien pour vous hydrater, voici quand même un petit truc souvent utilisé par les comédiens, et qui pourra vous aider chaque fois que vous commencerez à manquer de salive : Mordillez-vous la langue. Cela active les glandes salivaires. (Profitez d’un temps d’arrêt dans votre discours pour le faire discrètement…)

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…Et si je me mets à babouba… bafafou… bafoufa… bafouiller ?

Avoir la langue qui fourche, faire un lapsus ou bafouiller, cela arrive à tout le monde, même aux personnes habituées aux prises de parole en public ou passages média.

Le trac, le stress, la surprise, le manque de confiance en soi ou encore l’importance accordée au sujet de l’intervention qui peut déchaîner de vraies passions, voilà tout autant de causes qui amplifient le risque de bafouillage.

Parfois c’est la peur de bafouiller qui provoque elle-même le bafouillage. La peur d’avoir peur ou la peur de rater sont d’affreux cercles vicieux.

Bien sûr, cela arrive davantage aux personnes qui n’ont pas l’habitude de parler en public et qui se retrouvent soudain poussées devant un jury, une assemblée ou encore une caméra de télévision…

Et c’est exactement ce qui arrive à la petite mamie, dans la vidéo ci-dessus, qui doit parler des poubelles. Moi je l’adore cette petite mamie ! Et ce qui me plait encore plus dans cette vidéo, c’est de voir toutes les personnes autour la soutenir par leurs applaudissements !

Bafouiller quand on parle, c’est un peu comme perdre l’équilibre quand on marche. Comment réagir ? Comment corriger ce faux pas pour ne pas s’écrouler entièrement ?

Si l’on sent que l’on se met à bafouiller, il faut s’arrêter immédiatement. Se taire un instant, tout simplement. Une pause de quelques secondes en maintenant le contact visuel. Chercher ses appuis, et reprendre plus posément. Reprendre la phrase en entier. Soit les mêmes mots, soit prendre un autre chemin, moins glissant, en cherchant à dire la même chose mais de façon différente : en effet, il arrive parfois que ce sont les mots ou expressions que l’on souhaite employer qui nous font bafouiller (mots techniques auxquels nous ne sommes pas habitués, ou enchaînements-pièges d’un certain type de consonnes…).

Dans tous les cas : ne pas s’excuser, ni s’énerver, ne surtout pas abandonner. Mettre un point d’honneur à terminer de dire ce que l’on a à dire.

Le seul fait d’avoir bafouillé peut provoquer chez certains un rire de supériorité, moqueur, narquois. Attendre d’avoir terminé pour leur rendre un sourire détaché, un clin d’oeil amusé – mais ne pas les regarder pendant que l’on cherche à retrouver le fil de ses idées, pas avant d’avoir terminé !

Nous savons tous parler. Parler est naturel. Mais parler en public ou répondre face à la caméra d’un journaliste peut présenter de grandes difficultés pour qui n’y est pas entraîné. L’expression à l’oral doit donc se pratiquer régulièrement, comme tout type d’activité à part entière (à mi-chemin entre les activités artistiques et les activités physiques et sportives), avec un groupe ou dans le cadre d’un media training.

Avez-vous déjà bafouillé lors d’un exposé ou d’une intervention en public ? Comment vous en êtes-vous tiré ?

Avez-vous déjà été interviewé par un journaliste, pour un micro-trottoir ou dans le cadre d’une émission de télé ?

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7 conseils et astuces pour vous servir d’un paperboard

Un paperboard est une sorte de tableau blanc, tel qu’on en trouve dans quasiment toutes les salles de réunion ou lieux dédiés à la formation. Il s’agit d’un panneau sur lequel on peut fixer un bloc de grandes pages de papier, d’où le nom. Si vous devez faire une présentation, vous gagnerez à vous en servir.

Mais pas n’importe comment ! Voici 7 conseils et astuces qui vous permettront de l’utiliser au mieux :

1 – Ecrire de façon lisible

Le premier conseil est d’écrire de façon parfaitement lisible. Cela peut sembler une évidence, mais ce n’est aussi facile qu’on le croit. A vrai dire, il y a même assez peu de personnes capables du premier coup d’écrire lisiblement « tout attaché » en se tenant debout. Nous sommes en effet habitués à écrire assis, sur un plan de travail horizontal bien à plat, l’avant-bras posé sur le bord du bureau et non flottant dans le vide. Avant d’utiliser un paperboard lors d’une intervention, il faut donc parfois un peu d’entraînement.

D’une façon générale, écrivez gros et aéré, en MAJUSCULES.

Pour la grosseur des lettres, vous pouvez prendre un repère : vos lettres peuvent par exemple faire la moitié de la taille de votre marqueur (soit environ 5cm de hauteur).

Lors de votre présentation, pensez à tester régulièrement la lisibilité de ce que vous écrivez en allant vous placer au fond de la salle où vous vous trouvez. Toutes les personnes situées au fond doivent pouvoir lire sans effort ce que vous écrivez.

Astuce : Que faire si vous vous rendez compte que le mot que vous êtes en train d’écrire est trop long, ou, pire, que vous n’êtes pas tout à fait sûr de son orthographe ? Par exemple : « Développement » prend-il un ou deux L ? Un ou deux P ? Va-t-il rentrer en entier dans la petite colonne que vous avez tracé à droite du tableau ? Prononcez alors le mot à voix haute, dites « Développement » mais notez « Dév. » : les personnes qui vous regardent penseront simplement que vous avez utilisé une abréviation. Par contre, n’abusez pas de cette technique, sinon votre tableau deviendra vite illisible et plus personne ne saura à quoi correspond telle ou telle abréviation…

2 – Utiliser différentes couleurs

Les couleurs améliorent non seulement la lisibilité, mais aussi et surtout le sens et la clarté de ce que vous écrivez ou dessinez au tableau :

Imaginez un texte tout en noir sur tout le tableau. Ce serait vite indigeste, non ? Tandis qu’en écrivant certains mots avec un couleur différente, vous les faites ressortir, vous les mettez en valeur et leur donnez une signification particulière. Le public retiendra d’autant mieux ce que vous avez voulu dire.

Pareil pour les schémas : les divers éléments que vous dessinez doivent être de différentes couleurs, sinon plus personnes n’y comprendra plus rien.

Mais attention à bien choisir la couleur à chaque fois ! La charge symbolique des couleurs est souvent très forte, et il faut donc respecter certains « codes ». Voici pour les plus fréquents :

• Le rouge indique une interdiction, un danger, une erreur ou quelque chose à éviter

• Le vert signifie souvent le contraire du rouge (comme pour les feux tricolores sur la route), c’est-à-dire : tout est OK, c’est la bonne formule, la bonne attitude, le bon message ou le mot clef à retenir… Pour les schèmas et dessins, le vert est également associé à la santé, ou à la nature bien sûr.

• Le bleu fait penser à l’eau, à un liquide, et est le symbole de la pureté. Cette couleur propage un message de calme et de sérénité. Comme le vert, le bleu peut aussi s’opposer à la couleur rouge.

• Le jaune ou le orange, comme le soleil, sont des couleurs symboles de lumière, de brillance, de rayonnement. Elles attirent l’attention. (Par contre on trouve difficilement des marqueurs jaunes qui se voient bien de loin sur papier blanc…)

• Le violet est une couleur souvent associée aux ambiances un peu fantastiques ou mystérieuses (OVNI, magie, etc.), c’est la couleur du ciel d’un monde imaginaire à la fois inquiétant et intriguant… Elle correspond à l’irréel, à l’intimité

• Quant au noir, il sert pour le corps du texte, les éléments de base, et est relativement neutre.

Pour toutes vos présentations, selon votre thème et le message que vous voulez faire passer, pensez donc à prévoir de gros marqueurs de couleurs différentes (au minimum : noir, bleu, rouge, vert) et en nombre suffisant. Prévoyez-en plusieurs de la même couleur, car si un feutre n’écrit plus pendant que vous êtes en train de noter ou dessiner quelque chose au tableau, vous devez pouvoir le remplacer par un autre de couleur identique (sinon vous risquez de brouiller le message).

3 – Faire des schémas

Un dessin vaut mieux qu’un long discours, c’est bien connu. Et le grand intérêt d’un paperboard est justement de pouvoir tracer en temps réel un dessin ou un schéma. Le tracer en temps réel, et non le projeter tout fait comme avec PowerPoint ou avec un « transparent » ! En effet, en vous voyant vous-même le faire en direct, les personnes à qui vous vous adressez retiendront bien mieux vos idées.

Il faut cependant réaliser votre schéma de façon logique. La façon dont on construit un schéma a autant d’importance que son contenu propre.

Évitez donc de tout dessiner d’un coup. Prévoyez différentes étapes, découpez votre dessin en plusieurs parties cohérentes. Au cours de ces étapes, misez sur l’interactivité et sollicitez le public (demandez si certains savent ce qu’il faut écrire, dessiner…).

Utilisez différentes formes et couleurs. Les variables visuelles sont nombreuses, en voici quelques unes qui constituent déjà une bonne base pour vos schémas :

• Les formes permettent de distinguer différents objets ou entités. Par exemple : rectangles, carrés, ovales, triangles… Vous devez établir un lien entre le type de forme et la fonction ou notion que vous voulez présenter.

• La taille (des rectangles, carrés ou ovales…) représente efficacement des « variations quantitatives ». C’est-à-dire : du plus petit au plus grand = du moins important au plus important, et vice-versa, etc.

• Le grain peut quant à lui traduire un relation d’ordre, ou renseigner sur la nature des objets indiqués dans les formes. Par exemple : rectangle vide / rectangle hachuré, hachures espacées / hachures resserrées, petits points, petites croix…

• La couleur, enfin, permet d’exprimer des différences. Gardez en tête que chaque couleur peut être chargée d’une signification importante : utilisez les codes vus dans le point précédent !

Certains schémas peuvent se révéler difficile à dessiner sur le paperboard à main levée. Dans le point suivant, vous allez découvrir une astuce peu connue qui va considérablement vous aider…

4 – Préparer certaines pages

Voici une petite astuce qui pourra vous rendre de grands services. En effet, il n’est pas toujours facile de se souvenir du tracé exact de tous les schémas, et certains sont parfois complexes à reproduire sur un paperboard. Par ailleurs, tout le monde n’a pas forcément des talents de dessinateur…

L’astuce consiste donc à préparer le tableau avant votre présentation, en dessinant les schémas souhaités au crayon à papier (faites des traits légers sans trop appuyer). Cette esquisse sera quasiment invisible pour toutes les personnes à plus de 2 mètres du tableau, tandis que vous, vous l’aurez sous la main : il vous suffira alors de repasser sur les traits au marqueur pour les faire apparaître à tous. Et comme ça, pas d’oubli, pas d’erreur possible, les proportions des divers éléments du schéma seront bien respectées, les lignes bien droites, les cercles bien rond… Bref, le schéma parfait !

Autre conseil : n’hésitez pas à laisser quelques mots inscrits sur d’autres pages (toujours au crayon papier léger), cela vous fournira discrètement de précieuses indications pour savoir où vous en êtes, sans avoir besoin de plonger le nez dans vos notes.

Vous pouvez également tracer des lignes sur toute la largeur du tableau pour écrire bien droit

5 – Ne pas parler quand on écrit

Si vous parlez pendant que vous écrivez, vous serez moins concentré, et vous écrirez donc moins bien. Rappelez-vous le tout premier point : votre écriture doit être lisible et soignée !

A l’inverse, si vous essayez de parler pendant que vous écrivez, votre parole sera moins fluide, vous vous exprimerez de façon « hachée »… Ce qui est tout aussi désagréable qu’une mauvaise écriture.

Dans tous les cas, il est toujours difficile de faire correctement deux choses à la fois. Dissociez bien les deux actions : quand vous écrivez, ne parlez pas. Attendez d’avoir fini pour commencer à expliquer. Bien sûr, écartez-vous du tableau avant de recommencer à parler ! C’est d’ailleurs l’objet du point suivant…

6 – Ne pas rester devant

Un autre problème, si vous parlez quand vous écrivez, c’est que vous cachez la plus grande partie du tableau tout en tournant le dos au public. Mais même si, une fois fini, vous vous retournez, n’oubliez pas de vous écarter du tableau ! Si vous utilisez un paperboard, c’est bien pour que le public voit ce qui est écrit dessus, n’est-ce pas ? Pourtant, c’est une erreur fréquente de voir l’intervenant rester devant le tableau, ou en cacher la moitié parce qu’il ne s’est pas suffisamment décalé.

Autre erreur habituelle : se tourner fréquemment vers le tableau, alors que cela dérange les spectateurs (car vous ne parlez plus dans leur direction) et donne de vous l’image d’une personne peu confiante. Apprenez à désignez le tableau et ce qu’il y a dessus tout en regardant le public, un peu à la manière d’un présentateur météo !

7 – Jouer sur deux tableaux

En respectant tous les points ci-dessus, vous utiliserez de façon optimale votre paperboard. Voici une dernière idée plutôt inédite pour surprendre votre public : ne vous servez pas d’un, mais de deux paperboards !

Installez les deux paperboards de chaque côté de la scène ( = la partie de la salle que vous occupez pour faire votre présentation), et naviguez de l’un à l’autre pour notez différentes choses. Par exemple, les résultats de deux groupes différents, ou les items de deux catégories distinctes, etc. Cela sera bien plus lisible et marquant que tracer un trait au milieu de votre page pour faire deux colonnes…

Et votre public sera certainement agréablement surpris, d’autant plus réceptif à ce que vous avez à lui dire !

Et vous, quelles sont vos idées originales pour vous servir d’un paperboard ?

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5 exercices d’articulation labiale et maxillaire : fortifiez vos lèvres et assouplissez votre mâchoire, pour des sons plus propres

Après quelques exercices d’articulation linguale, qui avaient pour but de rendre plus agile votre langue, passons aux lèvres et à la mâchoire

Les exercices d’articulation ont essentiellement pour but d’apprendre à désolidariser les différents muscles buccaux, à favoriser leur indépendance en faisant travailler chacun d’eux séparément.

Le problème d’une mauvaise articulation dépend souvent d’une utilisation simultanée de tous les muscles de la bouche dans la production d’un son. Certains muscles n’ont en effet aucune utilité en fonction du son que l’on veut produire, et viennent donc brouiller, « parasiter » le son en question.

Pour vous en convaincre, faites ce premier petit test :

Le test de la mâchoire crispée

Relâchez votre mâchoire, laissez-la pendre, et gardez ainsi votre bouche molle et entrouverte. Prononcez alors « ma, ma, ma… »

Sentez-vous votre mâchoire se refermer, accompagnant la fermeture des lèvres ? Pour former le son « m… », les lèvres doivent en effet se coller… Mais nul besoin de fermer la mâchoire ! Pourtant, nous le faisons tous spontanément. Or une mâchoire crispée est un véritable handicap pour la voix, typique des personnes très stressées qui parlent en gardant les dents serrées : elles semblent marmonner, leurs mots sont peu audibles voire incompréhensibles… Il faut donc entraîner à la fois la précision des muscles et leur indépendance.

Les possibilités de la mâchoire inférieure sont par nature limitées : des mouvements de haut en bas, un léger déplacement d’arrière en avant ou d’avant en arrière, et c’est tout. Le jeu des lèvres est bien sûr plus varié.

Les exercices que je vous propose ci-dessous consistent donc à mettre en jeu des groupes de muscles qui, habituellement, sont utilisés de façon restreinte. En renforçant l’action de la mâchoire et des lèvres, vous serez capable de modifier rapidement la forme de la bouche, nécessaire pour une bonne phonation, et permettant une articulation claire et distincte.

Pour exécuter les 5 petits exercices suivants, placez-vous si possible devant un miroir :

Exercice 1

Commencez simplement par ouvrir la bouche aussi grande que possible : regardez l’intérieur, la langue et la paroi postérieure de la gorge. Puis fermez la bouche. Répétez cet exercice une vingtaine de fois.

Exercice 2

Ouvrez de nouveau la bouche, en veillant cette fois à l’ouvrir de façon assez large pour pouvoir passer deux doigts entre les dents, puis souriez, de façon à tirer sur les deux côtés de la bouche, jusqu’à ce qu’il se forme près d’eux une petite ligne perpendiculaire. Modifiez alors brusquement la forme de la bouche en projetant les lèvres autant que possible, tout en maintenant un petit orifice entre elles comme quand on siffle. Répétez 20 fois.

Exercice 3

Cette fois-ci, gardez les lèvres fortement closes, et souriez, en tirant les coins de la bouche sur les côtés aussi loin que possible. Puis projetez vivement les lèvres comme pour siffler, mais en les tenant toujours bien fermées, sans aucune ouverture. Répétez 20 fois.

Exercice 4

Prenez votre mâchoire avec la main, le menton fermement tenu entre le pouce et l’index par exemple, et tirez dessus pour l’ouvrir aussi grand que possible. Tirez jusqu’à que vous sentiez que ça « coince » : patientez alors quelques secondes, puis tirez encore un peu. Attention : ce n’est pas la mâchoire qui fait descendre la main, mais bien la main qui tire la mâchoire ! Cette dernière doit donc être totalement relâchée, et vous apprenez ainsi à la détendre (exactement comme quand on fait des exercices d’étirements après une séance de sport). Répétez une dizaine de fois.

Exercice 5

Revenez au tout premier test vu au début : relâchez votre mâchoire et refaites « ma, ma, ma… ». Mais cette fois-ci, maintenez votre mâchoire ouverte avec la main, en tenant le menton comme dans l’exercice précédent. Faites le son « m… » en empêchant votre mâchoire de se refermer. Répétez cet exercice une douzaine de fois.

Ces exercices ne sont pas aussi faciles qu’ils en ont l’air. Si vous vous appliquez à bien les faire, vous devriez commencer à sentir vos muscles travailler de façon indépendante, et surtout en percevoir tout l’intérêt grâce à la clarté des sons ainsi formés.

Je vous ai dit de vous placer devant un miroir car c’est toujours d’une grande aide les premières fois : en voyant ainsi concrètement ce qui se passe au niveau de votre bouche, cela facilite le travail. Quand vous serez un peu plus habitué, essayez de refaire tous ces exercices les yeux fermés, en cherchant à bien ressentir tout ce qui se passe avec les lèvres et la mâchoire…

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Technique de storytelling : créez et faites vivre vos personnages !

Pour structurer un bon storytelling, rien ne vaut la puissance des personnages. Raconter des histoires est un moyen efficace de convaincre, en faisant passer des émotions. On capte d’abord ses interlocuteurs par la force émotionnelle avant la dimension rationnelle. Mais comment produire un storytelling digne de ce nom ?Comment rendre ses histoires vraiment captivantes ? Dans cet article, je vous présente une technique simple, mais souvent mal exploitée.

Pour développer un storytelling puissant et impactant, votre premier réflexe doit être d’y intégrer des personnages. Pas des personnages plats et anonymes, mais des personnages bien vivants et que l’on appelle par leur nom. Première technique : n’évoquez pas des individus plus ou moins fictifs, mais rendez-les réels en les « baptisant » ! Même si ce n’est pas un vrai prénom, cela suffira à leur donner de la consistance. Et pour que le public puisse s’identifier à vos personnages, il faut en effet que ceux-ci semblent avant tout réels.

La raison est simple : c’est en s’identifiant à ces personnages que votre auditoire pénètrera vraiment dans votre histoire, et pourra donc ainsi se laisser convaincre par elle. Plus votre personnage est facile à visualiser, plus il est facile à s’approprier, plus on rentrera dans sa peau naturellement… Cas pratique. Ressentez-vous la différence d’intensité entre « Je trouve que le Népal est un pays paisible » et « Je me souviens d’Alopa, cette petite népalaise aux grands yeux noirs… un seul de ses regards concentrait toute la sérénité des lieux, du pays tout entier » ? Ça y est, vous avez compris…

Mettez en scène un héros, faites lui vivre les émotions que vous souhaitez transmettre à vos interlocuteurs et vous donnerez plus de puissance à vos argumentaires, vos publicités, vos plaidoiries, et à toutes vos histoires en général (même des blagues !). C’est l’essence même de l’efficacité des émissions de télé-achat. On vous raconte l’histoire d’une personne ordinaire, Nadine ou Jean-Pierre, qui découvre un aspirateur incroyable qui leur apporte plus de bonheur que votre vieil aspirateur ne vous donnera jamais.

Voici un autre exemple, extrait du livre de Christian Salmon, référence sur le storytelling en France : il y parle du spot publicitaire à 6,5 millions de dollars de la campagne Bush en 2004, qui se contente de montrer une jeune fille ! Mais pas n’importe quelle jeune fille, celle-ci a une histoire bien particulière et c’est là que se niche le storytelling : c’est une jeune fille dont la mère est morte le 11 Septembre, et qui reprend confiance dans la vie en rencontrant George W Bush qui la prend dans ses bras (en bon « conservateur compassionnel »), parce qu’elle réalise que « l’homme le plus puissant du monde se soucie d’elle ». Chaque Américain a potentiellement pu se sentir touché, concerné, ou même s’identifier à cette jeune fille.

Sachez donc utiliser la puissance des personnages et déjouer la manipulation de ceux qui les utilisent dans leurs histoires. Pour réfléchir en profondeur à la puissance et aux méthodes de storytelling, je vous recommande de lire le de Christian Salmon : Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits.

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Savez-vous ce qu’est le Small Talking ?

Le Grand Art de la petite conversation… C’est le titre du livre de Debra Fine, qui traite du Small Talking, pratique encore peu connu en France mais connaissant un grand succès en Amérique.

Qu’est-ce que le Small Talking ? En réalité c’est ce que nous pratiquons tous les jours, chaque fois que nous croisons quelqu’un, la famille, un ami, un voisin, un commerçant ou un médecin, ou même des gens que l’on ne connaît pas… le Small Talking c’est la discussion au quotidien, le bavardage social, l’art de trouver le bon mot au bon moment, la petite phrase qui fait mouche, engager les conversations avec n’importe qui, et laisser une bonne impression…

Ça nous est tous arrivé au moins une fois : à l’occasion d’un cocktail ou d’une soirée par exemple. On débarque comme ça, on ne connaît pas grand monde, voire personne, seulement la personne qui organise, on se fait servir un verre et…on poireaute. On fait tapisserie. Il y du monde qui bouge, qui papote, qui rigole, des petits groupes ci et là, et nous, on est gêné, on reste dans son coin, l’idée même d’aborder quelqu’un au hasard ou de se « taper l’incruste » dans un groupe nous fait trembler. Alors on se cherche des excuses, on se dit que c’est vraiment une soirée « prout prout », que les gens sont nuls, inintéressants, que c’est eux qui ne savent pas y faire…

PRENEZ VOS RESPONSABILITES ! Toutes les fois où vous vous êtes fait chier à une soirée, où vous aviez envie de vous barrer, hé bien je vous le dit : c’était DE VOTRE FAUTE. Vous ne pouvez pas en vouloir aux autres d’être aussi timides et maladroits que vous. C’est à vous de changer les choses, en commençant par changer vous-mêmes : apprenez à établir la connexion avec n’importe qui, en toute circonstance, devenez enfin à l’aise et profitez à fond de toutes ces soirées et de tous les évènements ! Vous élargirez votre réseau, vous ferez des rencontres fabuleuses, qui pourront vous aider professionnellement ou vous faire de nouveaux amis, vous séduirez plus facilement les personnes que vous voulez, vous décuplerez votre pouvoir de séduction et vous y prendrez plaisir !

Avez-vous déjà rêvé de relancer une conversation qui s’éteint ? D’éviter les silences ? D’introduire de nouveaus sujets d’échange ? De vous sentir plus à l’aise dans les fêtes et les réceptions ? de développer des relations professionnelles cordiales… et efficaces ? Et, surtout, de laisser une bonne première impression ?

Vous découvrirez de nombreuses petites astuces très utiles dans ce livre. Voici par exemple quelques uns des meilleurs « brise-glaces » d’usage courant (une cinquantaine en tout, sans compter les brise-glaces « entreprise » !) :
1 – Que pensez-vous de ce film / de ce restaurant / de cette soirée ?
2 – Parlez-moi des plus belles vacances que vous ayez jamais passées.
3 – Quelle est votre occupation préférée les jours de pluie ?
4 – Si vous reviviez un moment de votre vie, lequel choisiriez-vous ?
5 – Quel objet en particulier aimeriez-vous vraiment posséder ? pourquoi ?
6 – Parlez-moi de vos parents préférés.
7 – Comment vivait-on dans la ville où vous avez-grandi ?
8 – En quoi voudriez-vous vous réincarner ?
9 – Quel est pour vous l’âge idéal ?

…Bref, ces premiers exemples sont basiques, mais vous avez compris le principe de ce manuel de small talking : des idées nombreuses et variées pour lancer des discussions, en apprendre davantage sur vos interlocuteurs et partager avec eux des émotions.

Ne vous y trompez pas : les conversations « légères » sont parfois les plus difficiles et les plus lourdes de conséquences ! C’est un art à part entière qui n’est pas donné à tout le monde. Et comme dans toute forme d’art, il n’y a pas de secret : il faut travailler, répéter, s’entraîner. En d’autres termes : prendre la légèreté au sérieux !

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Comment dire non avec éloquence

Savoir dire non est la marque des personnes qui affirment leur position. Ces personnes apparaissent comme charismatiques simplement parce qu’elles ne disent pas oui à tout et à tous… Elles font valoir leur droit, marquent leur territoire, évitent de se faire marcher sur les pieds… Mais nous en avons tous fait l’expérience, exprimer clairement et fermement un refus, décliner une invitation ou ne pas se laisser entrainer dans un guet-apens est bien plus délicat que prononcer un simple petit mot d’une syllabe… Pourquoi est-ce parfois si difficile de dire non à quelqu’un ? Comment apprendre à dire non ?

La plupart du temps, quand nous n’osons pas dire non, nous craignons surtout le conflit qui pourrait s’ensuivre. Nous savons que le non peut être perçu comme une agression ou une provocation. Oser dire non, c’est aussi accepter le risque d’un conflit ; et pour ne plus avoir peur des conflits, le meilleur moyen c’est d’y être préparé, être armé… Comment faire ? De la même manière que certains vont dans un club de boxe pour apprendre à donner et encaisser des coups, rejoindre un club d’éloquence permet de se confronter, de s’entraîner à affirmer et défendre sa position, apprendre à manier la force de la voix et des mots, riposter ou exprimer un refus avec clarté et fermeté. Dans les deux cas, boxe ou éloquence, c’est aussi le mental que l’on travaille, la canalisation de son énergie et la gestion de ses émotions, la combativité face à l’adversité.

Dans « savoir dire non », il y a d’abord « savoir dire ». Parfois, la difficulté de dire non n’est que l’aspect d’une incapacité plus générale à communiquer. Dans le cadre dédié d’un club d’éloquence, les participants s’entraînent à tout dire, jusqu’à défendre tour à tour une position et son contraire. Il s’agit de prendre ses libertés avec les mots, avec la parole, pour trouver les mots qui résonnent vraiment en nous, pour faire jaillir une parole qui vient vraiment de nous. Ne pas avoir peur d’essayer de dire, quoi que ce soit, tenter de formuler des idées particulièrement complexes ou abstraites, verbaliser un ressenti, une intuition, quelque chose d’intérieur et de très profond, se lancer… Et finalement pouvoir dire non comme on peut dire oui.

L’entraînement au débat contradictoire consiste à tenir une position, quelle qu’elle soit, dans la pure tradition sophistique. Le but ? Non pas cultiver l’incohérence ou l’art de « retourner sa veste », mais plutôt apprendre à prendre le point de vue de l’autre, s’ouvrir à lui, mieux l’accepter, comprendre ses idées et pourquoi pas remettre en cause ses propres idées et préjugés.

Comment dire non ? On ne communique pas seulement avec sa parole, avec la voix et les mots… Il faut toujours garder en tête que l’on parle avec le corps tout entier, et apprendre à en jouer. Voici quelques principes simples à respecter :

  • Se tenir bien droit (renforcer sa légitimité en se sentant « droit dans ses bottes », pas de posture en contraction, épaules rentrées ou échine courbée…). Attention aux postures anti-charismatiques !
  • Prendre le temps, ne pas se mettre en tension, dominer ses émotions et simplement prononcer un « non » d’une voix calme et ferme, posée et décidée. Pour maitriser votre voix, travaillez notamment sur votre souffle.
  • Garder un visage impassible, neutre et relâché. Une expression marquée pourrait produire un effet contre-productif (un sourire, incongruent, peut par exemple être perçu dans ce contexte comme une provocation).
  • Et surtout, maintenir le contact visuel (pas de regard fuyant).

Dire non est rarement suffisant, et tout aussi rarement la meilleure solution. Commencez par reformuler la demande ou le propos de l’autre, recontextualisez, puis exprimez les sentiments que cela provoque en vous. Enfin, ne restez pas bloqué sur la position de l’autre, mais essayez d’en comprendre le pourquoi, et invitez à réfléchir à une solution qui pourrait satisfaire tous les intérêts, à la fois les vôtres et ceux de l’autre. Le non est généralement une réaction visant à clore un échange bloqué, rarement une solution satisfaisante et encore moins une invitation à la réflexion…

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